18
nov
2017
Espace Média L'Ifri dans les médias
Laurence NARDON, chronique publiée dans l'hebdomadaire Réforme 

Donald Trump, le Chinois

C’est en Asie que Donald Trump a fêté le premier anniversaire de son élection. Il revient d’un voyage de 12 jours au Japon, en Corée du Sud, en Chine, au Viêtnam et aux Philippines. L’attitude du président américain vis-à-vis de cette région illustre les allers et retours et les contradictions de sa politique étrangère.

logo-reforme-journal_petit.jpg

Ainsi, Trump est passé d’une grande agressivité vis-à-vis de la Chine pendant sa campagne – lorsqu’il l’accusait de nuire à l’économie américaine – à des démonstrations d’amitié pour le président Xi Jinping lors de leur rencontre d’avril dernier en Floride. À l’époque, il comptait sur la Chine pour amener la Corée du Nord à interrompre sa campagne d’essais nucléaires et balistiques. Mais c’est surtout avec le Partenariat TransPacifique (TPP) qu’apparaissent ses contradictions. Ce traité de libre-échange, négocié par 12 pays de l’Asie-Pacifique, avait pour objectif d’encadrer les velléités de domination commerciale de la Chine. Or, en se retirant du TPP dès le 21 janvier dernier, le président affaiblit cet accord et redonne à la Chine une marge de manœuvre pour imposer ses méthodes commerciales peu respectueuses du droit du travail, de l’environnement et de la propriété intellectuelle.

Les Américains, qui sont en proie à l’angoisse de leur propre déclin, regardent avec inquiétude la puissance commerciale et militaire croissante de l’empire du Milieu : la Chine va-t-elle remplacer les États-Unis comme leader du monde ? Elle ne cherche pas à reproduire le même modèle. La Chine s’efforce de devenir une superpuissance économique, sur le modèle du Royaume-Uni du XIXe siècle. Elle développe un gigantesque projet de « Nouvelles routes de la soie » qui finance la mise en place d’infrastructures le long d’une route terrestre, à travers l’Eurasie, et d’une route maritime, jusqu’à la Corne de l’Afrique. Dans ses échanges déjà importants avec l’Afrique et l’Amérique latine, elle ne cherche pas à exporter son modèle politique. Son influence culturelle reste modeste. La Chine n’a pas développé de projet universaliste comme celui des États-Unis. Trump, qui rejette lui aussi l’idée de responsabilité morale en politique étrangère, se rapproche de l’attitude chinoise.

Cliquer ici pour lire l'article

l'IFRI vous conseille également
Mots-clés
Donald Trump Xi Jinping Chine Etats-Unis