15
juin
2017
Espace Média L'Ifri dans les médias
Laurence NARDON, citée dans journal "les Echos" par Yves Bourdillon

Washington souffle le chaud et le froid au Qatar

Les Etats-Unis vont vendre des avions de combat à Doha après que Donald Trump se soit réjoui des pressions des monarchies du Golfe sur l’émirat.

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Washington mène une politique de plus difficile à lire, voire contradictoire dans la crise du Qatar. Il a donné ce jeudi des signaux de soutien, avec l'annonce de la vente d'avions F15 au petit émirat gazier, dix jours après le lancement d'un quasi blocus de l'Arabie saoudite et de l'Egypte contre le Qatar dont tout porte à croire qu'il avait reçu un feu vert implicite de la Maison Blanche : Donald Trump s'était réjoui de ces pressions, affirmant que le Qatar « finançait le terrorisme à un haut niveau » et ajoutant « durant mon récent voyage au Moyen-Orient, j'ai affirmé que le financement de l'idéologie radicale devait cesser. Les dirigeants ont montré du doigt le Qatar - Et voilà !». Il avait estimé que les pressions sur le Qatar signeraient peut être « le début de la fin du terrorisme », alors même que son secrétaire d'Etat, Rex Tillerson appelait deux heures auparavant les pays du Golfe à cesser d'isoler le Qatar  ! «Le blocus gêne l'action militaire des États-Unis dans la région et la campagne contre l'Etat Islamique», avait déclaré le Secrétaire d'État

 

Six lucioles dans un bocal

 

Des décisions et déclarations qui reflètent des « contradictions non résolues au sein de l'administration Trump », estime Laurence Nardon, spécialiste de la politique étrangère des Etats-Unis à l'IFRI (Institut français des relations internationales), « entre une ligne relativement classique, favorable aux alliances traditionnelles, défendue par Rex Tillerson, le chef du Pentagone, Jim Mattis et le conseiller à la sécurité H.R Mac Master, et une ligne très nationaliste et unilatéraliste défendue par le conseiller spécial Steve Bannon ». Donald Trump ayant incarné cette dernière ligne durant sa campagne électorale et lors de sa récente visite à Riyad, et ayant semblé privilégier au contraire la ligne plus conciliante en mars-avril. Un éditorialiste du « New York Times » estimait récemment que le cerveau de Donald Trump devait ressembler à « six lucioles se heurtant au hasard dans un bocal »...

Mais si la diplomatie américaine semble incohérente ou illisible, ces zig-zag ne nuisent pas aux carnets de commande du complexe militaro-industriel américain, comme l'illustre donc l'annonce par Jim Mattis de la vente de 36 avions de combat F 15 pour 12 milliards de dollars, après une rencontre avec son homologue qatari Khaled Al Attiyah. En outre, deux navires de guerre américains sont arrivés au port d'Hamad, pour participer à une exercice conjoint avec la marine du Qatar, a indiqué Doha jeudi matin. Sans préciser toutefois le nom des navires ni si cet exercice conjoint avait été décidé de longue date ou récemment. Le soutien militaire de Washington au Qatar est aussi illustré par la présence depuis 2002 d'un contingent de 11.000 soldats américains sur la base d'Al Udeid. C'est la principale base américaine au Proche-Orient, à partir de laquelle partent la majorité des raids contre l'Etat islamique en Syrie et Irak.

 

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Donald Trump Politique extérieure Etats-Unis