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oct
2012
Editoriaux de l'Ifri L'Afrique en questions

Que nous révèle le drame de Marikana sur l’état de la société sud-africaine ? L'Afrique en questions, octobre 2012

Au cours des dernières semaines, la mine de platine de Marikana, propriété du groupe britannique Lonmin[1], a été le théâtre de violences ayant causé la mort de 46 personnes, essentiellement des mineurs engagés dans un conflit social mais aussi deux policiers et deux agents de sécurité. Le 16 août a été la journée la plus meurtrière, coutant la vie à 34 mineurs tombés sous les balles des policiers chargés pourtant de « maintenir l’ordre public ». Au-delà du nombre de victimes qui fait de cette journée l’une des plus sombres de l’histoire de l’Afrique du Sud post-apartheid, le choc des images, largement diffusées, a profondément heurté l’opinion sud-africaine et internationale. En effet, voir des dizaines de manifestants perdre la vie à la suite d’une répression policière sanglante fait écho dans l’imaginaire collectif aux tristes épisodes de l’apartheid tels que le massacre de Sharpeville[2] ou celui des émeutes de Soweto[3]. Il convient cependant de nuancer une telle comparaison tant le contexte social, historique et politique est aujourd’hui diffèrent et peut être de replacer davantage le drame de Marikana dans le temps long des conflits miniers en Afrique du Sud.

 
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Il est toutefois certain que cet évènement vient sérieusement ternir le discours de pacification et de progrès social dont se prévalent avec plus ou moins de légitimité les autorités officielles. Le fait qu’un simple conflit social entre syndicats concurrents et un grand groupe minier concernant une augmentation salariale dégénère aussi tragiquement interroge sur l’état actuel de la société sud-africaine.

Une structure économique héritée de l’apartheid et source d’inégalités persistantes

Le fait que ce conflit se soit déroulé dans le secteur minier, stratégique pour l’économie sud-africaine et l’un des principaux moteurs de son industrie n’est pas anodin. Le secteur présente en effet des conditions de travail extrêmement difficiles ainsi qu’une organisation très hiérarchisée qui repose sur des travailleurs très peu qualifiés souvent issus de l’immigration. Ceci est source de conflits réguliers entre les compagnies et les mineurs, qui récupèrent une part infime des richesses produites[4]. Ce système d’exploitation des mines existait durant l’apartheid et était l’un des symboles de sa brutalité[5]. Le gouvernement sud-africain tente bien de faire respecter un minimum de normes avec notamment le Mineral and Petroleum Resources Development Act (MPRDA) voté en 2002, qui devait faire de l’État le garant d’un partage plus juste des ressources minérales entre les Sud-Africains ou, peu de temps après, avec la Mining Charter qui établit des objectifs précis pour les compagnies minières en termes de transformation. On ne peut nier que certains progrès ont été effectués, notamment en termes de modernisation et de sécurisation des sites exploités[6] mais force est de constater que le secteur n’a pas été remis en cause en profondeur.

On pourrait y voir un échec du modèle sud-africain qui a certes permis une redéfinition des règles du jeu politique mais qui demeure marqué par une importante continuité du point de vue économique. En effet, le système démocratique fonctionne de manière satisfaisante et l’ANC, hier mouvement clandestin en lutte contre l’apartheid est aujourd’hui largement majoritaire, toutefois on ne peut que corroborer les propos de Jacob Zuma qui déclarait lui-même au mois de juin dernier que « la structure de l’économie héritée de l’apartheid était restée largement intacte »[7]. Ceci révèle le caractère quelque peu superficiel de la transformation sociale entamée depuis l’avènement de la démocratie. En effet, la relative croissance économique et le rayonnement diplomatique ne doivent pas faire oublier le taux de chômage très élevé, la perpétuation du problème du logement, la pénurie d'électricité, la propagation du sida et surtout les profondes inégalités qui caractérisent le pays. Appliqué à l’Afrique du Sud, l’indice de Gini, utilisé pour mesurer les inégalités au sein d’une économie, témoigne de ces importantes inégalités[8]. De même, un rapport publié au mois de juillet dernier par la Banque mondiale sur l’état de l’économie sud-africaine, indiquait que si des progrès étaient à observer en termes d’accès à l’éducation, à l’électricité et aux télécommunications, la répartition des populations dans l’espace, conséquences des politiques d’apartheid, continuait de déterminer la distribution de ces services[9].

Une organisation inappropriée des services de police

Au lendemain des évènements de Marikana, la brutalité de l’intervention policière, révélée par la diffusion quasi instantanée des images, a suscité un certain nombre de débats. Pour expliquer une telle répression de la part des policiers, il est possible d’avancer l’hypothèse d’un mouvement de panique de leur part, effrayés de connaitre le même sort que deux de leurs collègues, qui avaient perdu la vie trois jours plus tôt face à ces mêmes manifestants. Il est sans doute nécessaire de se pencher également sur l’état de préparation et d’équipement de la police sud-africaine afin de comprendre pourquoi celle-ci a été dépassée au point de tirer sur la foule avec des balles réelles, provoquant les conséquences tragiques que l’on connait.

Le 13 avril 2011, la mort d’Andries Tatane[10] lors d’une manifestation pour la fourniture des services publics, avait déjà pointé les failles de la police sud-africaine en matière de gestion des foules. A Marikana, si les forces de police avaient été suffisamment préparées, elles auraient sans doute mieux évalué le danger et su quand et comment réagir. Jonny Steinberg, chercheur au centre de criminologie de l’université d’Oxford, a publié en 2008 l’ouvrage Thin Blue: The Unwritten Rules of Policing South Africa[11] qui permet de saisir quelques clés concernant l’évolution et le fonctionnement de la police sud-africaine. Il indique que la nomination de Jackie Selebi en tant que commissaire nationale de la police en 2000 a été un tournant du fait de son  déficit d’expertise en matière policière et des orientations stratégiques choisies. Celui-ci a notamment décidé de démanteler les unités spécialisées afin de créer des structures multidisciplinaires[12].  Ainsi, en 2002, l’ancienne unité anti-émeute rebaptisée en 1996 Public Order Police Unit, a été restructurée afin de se préoccuper davantage de la prévention des crimes que de la gestion des foules. Renommée Area Crime Combatting Unit (ACCU), cette unité a été mobilisée pour la protection des personnalités, les violences domestiques ou encore les contrôles routiers. Le résultat a été une perte de compétences très spécifiques et cruciales dans le domaine de la gestion des foules. La diminution du nombre d’émeutes depuis la fin de l’apartheid avait été l’argument avancé pour justifier ces décisions.

L’augmentation des protestations depuis le début des années 2000 et le remplacement en 2009 de Jackie Selebi par Bheki Cele, lui-même remplacé par Mangwashi Phiyega au cours de cette année, ont certes amorcé une réflexion sur la question mais les unités spécialisées dans la gestion des foules n’ont jamais été clairement rétablies. Les évènements de Marikana viennent tragiquement rappeler les défaillances et inadéquations des forces de police actuelles pour faire face à de telles situations.

Une remise en cause du leadership du Congress of South African Trade Unions (Cosatu)

Il est important de noter que les évènements de Marikana ont débuté par une grève sauvage entamée par certains mineurs proches du syndicat Association of Mineworkers and Construction Union (AMCU) afin d’obtenir une augmentation salariale. En plus d’être la preuve de l'échec du système de négociations collectives dans l'industrie minière, cela révèle les tensions existantes entre les mineurs syndiqués à l’AMCU et ceux du National Union of Mineworkers (NUM) qui s’étaient désolidarisés de la grève.

L’engagement syndical est historiquement très important dans le pays, notamment dans le secteur minier. Toutefois, une part croissante de travailleurs s’estime peu considérée voire trahie par leurs dirigeants syndicaux qui ne seraient plus à même de les défendre car ils sont jugés trop proches des compagnies minières,  touchent des revenus extrêmement confortables et se reconvertissent parfois dans les affaires[13]. Ainsi, le NUM, toujours largement majoritaire dans le secteur[14], est concurrencée par des organisations, parmi lesquelles figure l’AMCU, qui cible précisément ces travailleurs déçus et accroit ses soutiens en promouvant des actions et des discours plus radicaux. Ceci provoque inévitablement de vives tensions entre syndicats concurrents comme ce fut déjà le cas en début d’année dans la mine Impala Platinium, située non loin de celle de Lonmin.

Une étude approfondie de la sociologie des travailleurs syndiqués au sein de ces deux organisations serait également tout à fait intéressante[15] car il semblerait que, si le NUM était à l’origine largement composée de travailleurs très peu qualifiées, pour beaucoup étrangers, ceux-ci sont aujourd’hui moins représentés dans l’organisation que les travailleurs très qualifiés, éduqués et disposant de conditions de travail avantageuses.

Il faut également rappeler que le NUM est affiliée au Cosatu (Congress of South African Trade Unions), la plus importante confédération syndicale et membre de l’alliance gouvernementale tripartite aux cotés de l’ANC et du Parti Communiste sud-africain (SACP). Ainsi, les critiques adressées au NUM concernent indirectement le Cosatu ainsi que le gouvernement dans son ensemble. Le danger pour le Cosatu est d’être marginalisé et ne plus apparaitre comme légitime pour défendre les intérêts des travailleurs. Jusqu’alors, il permettait au gouvernement d’être au plus près des revendications des travailleurs et de prendre la mesure d’un certain nombre de tensions sociales, cette perte d’influence pourrait augmenter le fossé qui sépare le gouvernement de la base de la société et donc augurer de nouvelles manifestations inattendues.

L’enjeu de la succession au sein de l’ANC

On peut s’interroger sur les conséquences politiques du drame de Marikana quelques mois avant la conférence nationale élective de l’ANC qui se déroulera à Mangaung et qui déterminera le nouveau leader du parti qui aura toutes les chances d’être élu Président de la République lors des élections générales de 2014. Si Jacob Zuma reste le favori à sa propre succession, Kgalema Motlanthe, actuel vice-président, fait figure de sérieux outsider bien qu’il n’ait pas encore ouvertement déclaré ses intentions. De nombreuses voix ont émis plus ou moins directement le souhait de le voir candidat afin d’incarner le changement et de calmer la montée de la contestation face à l’ANC et au gouvernement actuel.

Dans un tel contexte, les évènements de Marikana ont fait l’objet d’une récupération politique de la part de certains opposants à Jacob Zuma parmi lesquels figure en bonne place Julius Malema. Ce dernier, ancien leader du mouvement de jeunesse de l’ANC (African National Congress Youth League) et récemment exclu de l’ANC du fait sa défiance vis-à-vis de la direction du parti, s’est très tôt rendu à Marikana pour prendre le parti des mineurs grévistes et demander la démission du président Zuma qu’il juge premier responsable. En embrassant la cause des laissés-pour-compte de l’économie sud-africaine et en développant un discours populiste et nationaliste, il jouit d’une popularité certaine auprès d’une partie de la population, déçue des résultats de la politique menée par le gouvernement. La rupture entre les autorités dirigeantes et les plus démunis est un argument fort en faveur d’un changement qui profiterait indéniablement à Kgalema Motlanthe.

Pourtant, en 2007, dans le cadre de sa campagne pour la direction de l'ANC, c’était Jacob Zuma qui avait su capitaliser sur la déception des plus pauvres face à la politique économique libérale du gouvernement de Thabo Mbeki. Il avait par la suite été élu à la tête du pays en promettant de réduire la pauvreté et les inégalités et il avait alors bénéficié d'un large soutien du Cosatu et du Parti Communiste sud-africain. Cette année, la prise de position de ces alliés sera déterminante pour la réélection de Jacob Zuma, notamment celle du Cosatu qui se trouve face à un véritable dilemme entre le soutien au gouvernement en place et la solidarité avec les travailleurs dont la colère gronde. Au-delà de cette question de la succession, on perçoit clairement la difficulté qui se pose aux dirigeants actuels d’appliquer un discours de transformation sociale aux réalités de la société sud-africaine, ce qui devrait provoquer à l’avenir de nouvelles frustrations et contestations.

 

 

Si une commission d’enquête a été mise en place à l’initiative de Jacob Zuma afin de déterminer les responsabilités des parties engagées, et que l’on pourra suivre l’issue judiciaire qui a pris jusqu’à présent une tournure pour le moins surprenante[16], on peut néanmoins affirmer qu’il sera bien difficile de faire la lumière sur ce qu’il s’est réellement passé à Marikana. Le devoir revient désormais au pays tout entier de tenter de comprendre et retenir les leçons de ce qui a pu conduire à un tel drame. L’enjeu est de savoir si la défiance de plus en plus affirmée vis-à-vis des autorités dirigeantes,  renforcée par le choc provoqué par les évènements de Marikana, saura trouver un écho suffisant pour modifier en profondeur certaines failles du système actuel.

 


Victor Magnani est chargé de projet à l’Institut français d’Afrique du Sud (IFAS) à Johanneburg.

 

[[1] Lonmin plc, anciennement Lonrho plc, est une entreprise minière enregistrée à Londres mais qui a une activité d’exploitation uniquement en Afrique du Sud.

2] Le 21 mars 1960, une répression policière à Sharpeville, un township de Vereeniging dans le Transvaal, fit 69 morts et 178 blessés parmi les manifestants qui protestaient contre les « pass » (passeport intérieur), demander leur abrogation ainsi que l’augmentation de la rémunération de base de la journée de travail.

[3] Les émeutes de Soweto étaient une série de manifestation d'adolescents noirs en Afrique du Sud qui, le 16 juin 1976, protestaient contre l'imposition de l'enseignement exclusif en langue afrikaans et qui dégénéra lorsque la police ouvrit le feu. Le bilan est officiellement de 23 morts et 220 blessés mais il est sans doute largement supérieur. Parmi les manifestants décédés figurait Hector Pietersen, un jeune garçon de 12 ans qui devint l’un des symboles de la répression du régime.

[4] En comparaison avec le salaire minimum moyen en Afrique du Sud (environ 4 000 Rands), les mineurs sont assez bien payés (un machiniste gagne environ 5 000 Rands par mois et un foreur environ 6 000). En revanche, les écarts avec les dirigeants sont extrêmement importants. Ainsi, le directeur financier de Lonmin gagne plus de 800 000 rands par mois. Par ailleurs, les salaires des dirigeants ont quadruplé ces quatre dernières années. Voir par exemple : http://mg.co.za/article/2012-09-14-00-pay-disparity-blamed-for-unrest/

[5] En effet, les mineurs sont parfois envoyés au péril de leur vie à près de 3 000 mètres de profondeur dans des zones glissantes, très peu ventilées, où la chaleur et la poussière sont très difficiles à supporter. En conséquence, les mineurs sont encore très exposés à des maladies telles que tuberculose et la silicose. Il faut ajouter que pour travailler dans les mines, les travailleurs sont souvent contraints, du fait de leur maigre salaire, de vivre dans des logements précaires n’étant parfois raccordés ni à l’eau ni à l’électricité. Voir par exemple :   http://www.timeslive.co.za/politics/2012/09/16/socio-economic-conditions-led-to-marikana-mantashe et http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-19522260

[6] Ainsi, d’après les données officielles, le nombre de décès directement lié à l’activité minière est passé de 774 en 1984 à 128 en 2010. Malgré cette amélioration, le nombre de décès reste élevé et les conditions de sécurité sont encore bien éloignées de celles observées en Australie, aux États-Unis ou au Canada.

[7] Le chef de l'Etat a prononcé ces propos en ouverture d'une conférence nationale de l'ANC et ajouté que « la propriété de l'économie était toujours principalement aux mains des Blancs ». Certes, des mesures volontaristes telles que le black economic empowerment ont permis l’émergence d’une classe moyenne noire mais la grande majorité de la population reste exclue des principales richesses économiques du pays, largement détenues par ceux qui s’étaient enrichis dans un contexte de ségrégation.

[8] « L'indice de Gini indique dans quelle mesure la répartition des revenus (ou, dans certains cas, les dépenses de consommation) entre les individus ou les ménages au sein d’une économie s’écarte de l’égalité parfaite. Le coefficient de Gini est compris entre 0 (égalité parfaite) et 100 (inégalité absolue). » En 2009, le coefficient de Gini de l’Afrique du Sud, de l’ordre de 63.1, était le plus élevé, largement supérieur aux coefficients du Brésil ou de la Colombie  pourtant aussi réputés très inégalitaires. Source : Banque mondiale

[10] Andries Tatane, journaliste et ancien membre de l’African National Congress (ANC) puis du Congress of the People (COPE), était très actif dans des organisations de la société civile.

[11] Steinberg Jonny, Thin Blue: The Unwritten Rules of Policing South Africa, Johannesburg: Jonathan Ball, 2008.

[12] Cette réorganisation s’est effectuée en deux phases, en 2002 puis en 2006, et a conduit à la fermeture de 278 unités spécialisées. Afin d’approfondir la question de la réorganisation des forces de police, voir aussi l’étude SAPS’Costly Restructuring : A Review of Public Order Policing Capacity, réalisée par Bilkis Omar pour l’Institute for Security Studies.

[13] C’est le cas de Cyril Ramaphosa, hier fondateur du NUM et ardent défenseur de la cause des travailleurs, aujourd’hui puissant homme d’affaires.

[14] Le NUM revendique 300 000 travailleurs syndiqués à travers le pays mais  ne représente plus que 50 % des travailleurs dans certaines mines.

[15] Cf. les travaux de Raphael Botiveau qui réalise actuellement une thèse intitulée : La libération à l'épreuve de la liberté en Afrique du sud : le National union of Mineworkers et la transformation de l'industrie minière après l'apartheid.

http://www.univ-paris1.fr/recherche/page-perso/page/?tx_oxcspagepersonnel_pi1[page]=publications&tx_oxcspagepersonnel_pi1[uid]=e0298033562

[16] La justice avait provoqué stupeur et indignation en inculpant pour meurtre tous les mineurs arrêtés lors de la fusillade du 16 août. Le magistrat s’était appuyé sur une loi anti-émeutes datant de 1956, souvent mobilisé pendant la période d'apartheid, pour justifier une telle décision. Face à la réaction de l’opinion, de la communauté de juristes et du ministère de la justice qui a, quant à lui, demandé des explications, le parquet avait finalement annoncé la suspension de l'inculpation pour meurtre et tentative de meurtre et la libération des mineurs. Le juge Esau Bodigelo a indiqué que l’affaire était renvoyée au 12 février 2013 et que les mineurs devront alors comparaître pour les autres chefs d'accusation : violence publique et rassemblement interdit.

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