Entre vieillissement et migrations : la difficile équation allemande
La décision de la chancelière Angela Merkel d’accueillir plus d’un million de réfugiés en 2015-2016 a été interprétée par certains comme un choix stratégique visant à remédier aux problèmes démographiques auxquels l’Allemagne est confrontée, qu’il s’agisse de la baisse attendue de la population, et en particulier de son potentiel d’actifs, ou du vieillissement. Qu’en est-il vraiment ?
La présente étude montre que l’immigration ne peut en aucun cas enrayer le vieillissement que vit l’Allemagne depuis des décennies. Et elle ne constitue une solution (partielle) à la question d’une pénurie de main-d’œuvre qu’à la condition de concerner des personnes de qualification intermédiaire à supérieure, ce qui est loin d’être le cas des réfugiés dans leur ensemble.
Par conséquent, l’afflux massif de réfugiés ne constitue pas, à court et à moyen terme, une réponse aux enjeux démographiques de l’Allemagne. Ce constat n’empêche pas le gouvernement de multiplier les efforts en faveur de l’insertion professionnelle de ces nouveaux arrivants, afin de ne pas renouveler les erreurs du passé et de faciliter au contraire l’intégration économique et sociale des réfugiés.
Anne Salles est maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne, membre de l’Unité mixte de recherche SIRICE (Sorbonne-Identités, relations internationales et civilisations de l’Europe), et chercheur associé à l’Institut national d’études démographiques (INED).
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Entre vieillissement et migrations : la difficile équation allemande
La crise allemande commence par la voiture
Selon les chiffres publiés mi-février par le cabinet de conseil EY, 142 400 emplois ont disparu dans le secteur automobile allemand depuis 2019. Les récentes annonces de licenciements faites par Volkswagen ou BMW suscitent de grandes inquiétudes dans un pays qui a bâti sa fierté et sa prospérité d’après-guerre sur sa force industrielle et son produit phare : l’automobile.
Entre protestation et conquête du pouvoir : l'AfD à l'approche des élections régionales à l'Est
Les élections régionales de septembre permettront de mesurer dans quelle mesure l’AfD évolue d’une force de protestation vers une force politique susceptible d’exercer le pouvoir, dans un contexte de fragmentation croissante du paysage politique et de mécontentement grandissant à l’égard du chancelier Friedrich Merz et de sa coalition. Alors que l’AfD est solidement implantée dans l’Est de l’Allemagne, elle progresse également à l’Ouest, soulevant ainsi des questions majeures sur la formation des coalitions et l’avenir de la vie politique allemande.
La France et l’Allemagne : nouveau monde, nouveau sens
On s’interroge aujourd’hui légitimement sur le contenu et l’avenir du binôme, ou du couple – selon les cohabitants – franco-allemand. Mais pour ce faire, il vaut mieux inscrire les défis de l’actualité dans le rythme de l’histoire.
France-Allemagne : dépasser les différends pour renforcer la souveraineté européenne
La « relance » franco-allemande initiée avec l’arrivée de Friedrich Merz à la chancellerie en mai 2025 et sa mise en œuvre lors du Conseil des ministres franco-allemand (CMFA) de Toulon en août 2025 avait pour objectif de pallier les difficultés structurelles entre la France et l’Allemagne. Force est néanmoins de constater que les ambitions affichées n’ont été que partiellement traduites dans les faits. La relation franco-allemande traverse en effet depuis le début de l’année 2026 une séquence où les difficultés conjoncturelles se combinent à des divergences plus profondes de priorités, de méthode et de culture stratégique.