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Laboratoire de Recherche sur la Défense

Les conflits contemporains se caractérisent par un paradoxe : les capacités de destruction modernes, renforcées par les multiples avancées technologiques des dernières décennies, semblent incapables de produire directement de l’efficacité politique sur le terrain. De la Somalie en 1993 jusqu’au Sahel aujourd’hui, la complexité des situations, les dynamiques sociopolitiques et la pression médiatique se conjuguent pour entraver considérablement les interventions militaires internationales. On assiste, en effet, en dehors de l’espace occidental, à une décomposition des anciens contrats sociaux et parfois à la disparition complète des structures étatiques, qui confrontent les armées des pays occidentaux à des situations chaotiques et des adversaires asymétriques. Dans ce cadre, l’emploi des forces armées reste une condition nécessaire, mais n’est plus suffisante à l’obtention de la « victoire », c’est-à-dire la réalisation de l’état final recherché. Il faut également associer et coordonner les administrations civiles, les sociétés locales et certains acteurs non institutionnels très en amont du déclenchement d’une opération, idéalement dès la phase de planification.

Pour autant, et si le débat stratégique des années 1990 semble à présent quelque peu décalé par rapport aux évolutions perceptibles de la conflictualité contemporaine, il serait hasardeux de rejeter sans nuance les avancées techniques et doctrinales suggérées par l’expression de RMA ou de Transformation. Par-delà les opérations de stabilisation et de contre-insurrection, la diffusion d’armements sophistiqués, l’émergence d’adversaires « hybrides » ou de puissances régionales significatives obligent en effet à ne pas perdre de vue ni l’ensemble du spectre des missions et des scénarios d’engagement, ni le contexte politique et budgétaire fortement contraint qui est appelé, en Europe du moins, à peser durablement sur les formats d’armées comme sur les conditions de leur emploi.

Corentin BRUSTLEIN

Chercheur, Responsable du Centre des études de sécurité de l'Ifri et du programme Dissuasion et prolifération

Rémy HEMEZ

Chercheur au Laboratoire de Recherche sur la Défense (LRD) de l'Ifri.

Aline LEBOEUF

Chercheur, Centre des études de sécurité, Laboratoire de recherche sur la défense

03/11/2008

Rarement défini avec précision, le concept de surprise stratégique traduit généralement l'idée d'une menace mal ou non anticipée frappant un Etat de manière inattendue et ébranlant ses conceptions et sa posture de sécurité. Prenant principalement jusqu'aux années 1980 la forme d'une attaque...

17/09/2008
Par : Sébastien MELMOT

De l'Afghanistan à la Centrafrique en passant par Haïti et la Guinée Bissau, les Etats " faillis " ou fragiles se révèlent finalement bien plus résistants que prévu aux RSS et autres réformes de gouvernance importées. Leur capacité à laisser s'enliser, bloquer ou dévier n'importe quelle...

09/07/2008
Par : Philippe COQUET

Les dernières décennies ont vu se conjuguer, en Europe et dans une moindre mesure dans le reste du monde, le coût croissant de technologies de l'armement de plus en plus sophistiquées et la réduction concomitante des formats des armées nationales ainsi que des budgets qui leur sont consacrés....

11/06/2008
Par : Jean-Bernard VERON

L'aide au développement a progressivement pénétré les champs de la conflictualité et de la 'fragilité'. Elle tend à devenir une composante incontournable des interventions extérieures, aux côtés de l'action militaire et diplomatique. Elle est, de ce fait, assujettie à la finalité desdites...

29/01/2008
Par : Laurent FROMAGET, Paul HAERI

Jadis simple corollaire de l'action militaire, ce qu'il est convenu d'appeler la bataille des cœurs et des esprits constitue désormais l'un des enjeux principaux du conflit et en tout état de cause, l'enjeu majeur de la sortie de crise. Bien que préparée dès le temps de paix, la relation...

19/11/2007

Thème lancé pendant les années 1980 et constamment repris depuis, érigé en obligation impérieuse et presque en dogme pendant l'ère Rumsfeld, l'interarmisation ou jointness s'inscrit en réalité dans un débat ancien et même récurrent qui, par-delà MacNamara, remonte aux débuts de la guerre...

10/10/2007
Par : Philippe COQUET

Apparue aux États Unis dans l'euphorie de l'éclatante victoire aéroterrestre de la première guerre du Golfe en 1991, l'idée de concevoir les opérations à partir des effets que l'on souhaite obtenir sur le terrain et l'ennemi reprend une notion qui n'a rien de révolutionnaire. Il ne s...

23/05/2007
Par : Bernard THORETTE, Marwan LAHOUD

Compte-rendu de la conférence du 23 mai 2007, organisée par le Laboratoire de Recherche sur la Défense du Centre des Etudes de Sécurité de l'Ifri : 'Technologies et Défense : quels apports dans le contexte des conflits actuels ?', autour du Général d'Armée (2S)...

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