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| L'Allemagne et l'OTAN après la crise irakienne |
 | 16/06/2003
 Petit-déjeuner débat autour de Klaus Naumann, ancien Président du Comité militaire de l'OTAN (1996-1999), ancien chef d'état-major de la Bundeswehr | Une manifestation CerfaRetrouvez le texte intégral de la conférence (PDF). |
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Présentation Le général Naumann a principalement souligné la nécessité de faire renaître l'OTAN et de renforcer la coopération transatlantique après les multiples controverses autour de la guerre en Irak. En outre, il a indiqué que les pays d’Europe allaient très certainement se recentrer sur leur propre politique de défense, ce qui pourrait nuire à l’organisation centrale de l'UE. Pour arriver à ces conclusions, l'intervenant a commencé par analyser l'environnement international. Il a ensuite abordé les différentes alternatives pour les Etats-Unis et pour l'Europe en finissant par quelques suggestions pour l'OTAN. M. Naumann a identifié trois caractéristiques majeures du fossé transatlantique. D'abord, il a présenté les différentes perceptions qui provoquent des malentendus. Les Européens vivent en paix depuis la chute du mur de Berlin. Par contre, les Américains ont cessé de se sentir invulnérables le 11 septembre 2001. Deuxièmement, les interprétations contradictoires des lois internationales posent problème dans le débat autour de l'intervention préemptive. Finalement, une disparité existe dans la vision du pouvoir entre un monde unipolaire et un monde multipolaire, monde que l'intervenant a par ailleurs critiqué. L'ancien membre de l'OTAN a continué sa réflexion en dressant l'analyse des relations tendues entre les pays pauvres et les pays riches de l'OTAN et de l'UE. Sur le plan économique, il a rappelé que 10% de la population mondiale détenait 90% des biens de prospérité. Dans le domaine de l'interdépendance mondiale, il a évoqué l'existence parallèle de trois mondes différents qui déterminent les conflits et leurs différentes formes de régulation: un monde pré-moderne, un monde moderne et un monde post-moderne. Au vu de ce déséquilibre, M. Naumann a soulevé l’importante question de l'emploi de la force à l'échelle internationale par les Occidentaux. En Allemagne par exemple, les mouvements pacifistes font grandement entendre leur craintes à ce sujet. Pour ce qui est du domaine judiciaire, le général a remis en question la protection des terroristes par la souveraineté étatique. En conséquence, il a rappelé la nécessité d’une nouvelle réflexion pour définir le jus ad bellum et le jus in bello. Face à des situations conflictuelles irrésolues à proximité de la zone transatlantique et la menace par des armes de destruction massive, il estime qu’Américains et Européens sont confrontés aux mêmes défis. Pour conclure son analyse, il a mis l'accent sur l'insuffisance des approches régionalistes et sur la faiblesse militaire de l’UE. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre la coopération transatlantique parce que l'Europe demeure encore trop dépendante des forces et des capacités américaines. Dans sa deuxième démarche, le général a développé des alternatives pour l'avenir de la coopération transatlantique. D'abord, il a évoqué la nécessité pour les Etats-Unis d’agir de façon multilatérale afin de résoudre équitablement les conflits avec la participation européenne. Dans ce contexte, il a parlé du besoin de coopération économique dans un processus de « nation-building ». Ensuite, il a constaté que l'Europe manquera encore longtemps de capacités. Bien qu'il ait salué les engagements européens sur le plan de la défense, il est resté évident pour lui que tous les essais pour construire l'unité européenne contre les Etats-Unis mèneraient inéluctablement à la division permanente de l'Europe. En plus, il s'attend à une rupture permanente de l'Europe de la défense si la domination franco-allemande continue. Etant donné que M. Naumann ne voit pas d'alternative au monde unipolaire dirigé par les Etats-Unis, il a recommandé aux pays européens d'agrandir leurs influences vis-à-vis de ceux-ci. Selon lui, l'Europe devrait développer des capacités dont les Etats-Unis ont besoin et où ils restent faibles (évaluation de la menace, défense anti-missiles). Pour regagner du terrain, il ne faut pas seulement participer à l'exécution des missions, mais aussi à la planification. Pour ce qui est de la renaissance de l'OTAN, il a mis l'accent sur la réalisation des accords de Prague au centre desquels se trouve la création d'une force rapide. Pour que la restructuration de l'OTAN puisse réussir, l’application d’une triple procédure est nécessaire: premièrement, l'Alliance devrait tirer profit de l’expérience américaine dans la guerre en Irak pour préciser son profil dans l'emploi des nouvelles technologies. Deuxièmement, il est nécessaire de développer une stratégie globale propre à l'OTAN, qui identifie des centres de risques, donne une réponse aux menaces des armes de destruction massive et précise les conditions d'emploi de la force pour y répondre. Dans sa conclusion, M. Naumann a examiné la situation intérieure de la politique allemande, pays qui se trouve actuellement dans une phase de transition profonde. En même temps, il est nécessaire d'envisager les adaptations aux transformations des relations internationales provoquées par les défis décrits lors de son intervention. |
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