 |
| Vers une fin de récession ? L'économie allemande sous le gouvernement Schröder |
 | 13/11/2003
 Conférence de René Lasserre, professeur, directeur du Centre d'information et de recherche sur l'Allemagne contemporaine (CIRAC) et président de l'université de Cergy-Pontoise, et de Isabelle Bourgeois, chargée de recherche au CIRAC et rédactrice en chef de la revue Regards sur l'économie allemande. | Une manifestation Cerfa |
 |
"La reprise s'annonce en Allemagne. Si les acteurs économiques ont confiance dans la compétitivité mondiale du made in Germany, le potentiel de croissance est hypothéqué par le ralentissement conjoncturel européen et, plus encore, par la dérive des coûts d'une protection sociale qui ne permet plus aujourd'hui à l'Allemagne de respecter à la lettre la discipline budgétaire européenne. Mais elle en respecte au moins l'esprit, en accélérant le rythme des réformes structurelles pour remettre durablement son économie à flots." (Résumé: Isabelle Bourgeois, "Des réformes pour la croissance", Regards sur l'économie allemande, n° 63, octobre 2003.)Synthèse
Depuis environ dix ans, l’Allemagne se retrouve face à une croissance économique ralentie, parfois même inférieure à la moyenne européenne. Mais, après trois ans de forte stagnation économique, le gouvernement Schröder a lancé une série de réformes du système économique et social. Dans sa présentation, René Lasserre a suivi un parcours rétrospectif pour en expliquer les raisons principales. En dehors des facteurs internes – le vieillissement de la population allemande, le taux de chômage extrêmement élevé et le manque de visibilité d’avenir politique –, la situation économique s’explique surtout par des variables externes. L’exportation, comme locomotive d’une économie ouverte sur l’extérieur, a beaucoup souffert de l’économie internationale, notamment des Etats-Unis après le 11 septembre et des pays d’Asie du sud-est après le crash boursier. Le résultat fut le prolongement de l’immobilisme politique dans la première période législative du gouvernement Schröder, qui n’a pas réussi à faire passer ses projets de réforme, ni au sein de la coalition, ni auprès des partenaires politiques. C’est donc moins grâce à un succès en politique intérieure que par l’affirmation d’une politique étrangère « pacifiste » dans la crise en Irak que la coalition rouge-verte s’est maintenue au pouvoir. Malgré tout, les réformes du système économique et social restent inévitables et, depuis le début de l’année 2003, la situation économique générale semble y être favorable. En phase avec la reprise économique et un nouveau réformisme, l’Agenda 2010 a montré que le gouvernement Schröder ne manque pas de courage et n’a pas peur de l’affrontement. Isabelle Bourgeois a quant à elle discuté les points clefs de l’Agenda 2010, ses chances de réussite et les difficultés auxquelles il sera confronté. Selon elle, l’agenda n’implique pas un renouvellement total, mais marque le début d’un processus qui signale surtout à l’opinion publique la fin de la stagnation politique. Il est composé de cinq sujets majeurs : le traitement du chômage, la création d’emplois, la réforme du système de santé, celle du système des retraites et enfin la réforme fiscale. La lutte contre le chômage table sur la réforme structurelle de la Bundesanstalt fuer Arbeit, notamment par la création d’une agence d’intérim d’État. De plus, l’agenda tient à « fluidifier » le marché de l’emploi par la création des « mini-jobs », par une plus grande mobilité en termes de lieux de travail et de salaire ou encore par le développement d’initiatives d’embauche. Il s’agit surtout de mesures de régulation à court et moyenne terme, que ne peuvent pas être prises sans les partenaires économiques ; actuellement l’accord n’est pas encore trouvé. A long terme, par contre, les partenaires soutiennent les projets gouvernementaux d’aides aux investissements ou de dynamisation de l’innovation. Les autres initiatives à long terme – la réforme du système de santé et de retraite, ainsi que du système fiscal – s’avèrent beaucoup plus difficiles à négocier. Certes, pour réduire les déficits budgétaires des différentes caisses, il est prévu d’augmenter la contribution personnelle de chaque citoyen, soit par rapport à son revenu, soit en repoussant l’âge de son départ en retraite. Jusqu’ici, la chambre des Länder a bloqué les initiatives du gouvernement, mais la nécessité de repenser les mécanismes du modèle allemand du Sozialstaat est essentiel. En ce qui concerne le dernier volume de la réforme fiscale, elle devrait, pour renouveler les mécanismes, entrer en vigueur en 2004. Espérons que les pouvoirs politiques prennent conscience de l’importance de décider maintenant l’avenir de l’Allemagne pour introduire un changement fondamental : leur date limite pour cette année sera le 19 décembre. |
 |
 |
Les relations franco-allemandes dans le secteur de l'Energie Dans le cadre de l'Ifri Energy Breakfast Roundtable, un séminaire avec Heinrich Thoelken, conseiller économique à l'Ambassade d'Allemagne, Jan Horst Keppler, professeur en sciences économiques, Université Paris-Dauphine et chercheur associé au Programme Energie de l'Ifri, Kristina Notz, chercheur au Center for Applied Policy Research (CAP), Munich - 20/10/2008
|
Le Traité de Lisbonne et ses aléas : quels fondements pour l'Union européenne ?
Dans le cadre du projet de recherche commun du ZEI et de l'Ifri « La France et l'Allemagne face aux crises européennes », une première conférence aura lieu le 25 et le 26 septembre à Bonn à propos des conditions cadres de toute future action franco-allemande sur le plan européen. La conférence concernant « Le Traité de Lisbonne dans la discussion : Quels fondements pour l'Europe ? » se consacrera tout d'abord à l'analyse et à l'interprétation du traité signé par les États membres de l'UE décembre dernier, étant donné que ce traité sera la base politique et la mesure centrale pour juger le développement de l'Union européenne, indépendamment de l'issue du processus de ratification. Programme - 25/09/2008
|
RAMSES 2009 - Europe/Russie - sous la direction de Philippe Moreau Defarges Belgique - Kosovo : la fêlure – Philippe Moreau Defarges Allemagne – Claire Demesmay Pologne – Georges Mink Royaume-Uni – Jolyon Howorth Russie/L'après-Poutine – Dominique David Russie/Politique énergétique – Adrian Dellecker Russie/Potentiel technologique – Tatiana Kastouéva-Jean UE/Migrations – Christophe Bertossi UE/Traité de Lisbonne – Susanne Nies - 02/09/2008
|
Voir tous les articles sur ce thème
|
|
 |
 |
 Pour en savoir plus Présentation de René Lasserre Présentation d' Isabelle Bourgeois Site du CIRAC Observatoire économique de la CCFA Mission Allemagne de la DREE Lectures conseillées Regards sur l'économie allemande, bulletin bimestriel du CIRAC. Textes en ligne Patricia Commun (dir.), L'ordolibéralisme allemand. Aux sources de l'économie sociale de marché, Levallois-Perret, CIRAC, 2003. Résumé en ligne Revue de Presse Allemagne n° 256 de la DREE. Texte en ligne Wolfgang Neumann, Reform des Sozialstaats und neue Ansätze zur Sicherung des sozialen Zusammenhaltes. Ein deutsch-französischer Vergleich, Ludwigsburg, DFI, 2002. (en allemand et français) Klaus-Werner Schatz, Für eine Erneuerung der Wirtschaftspolitik in Deutschland. Aufgaben und Struktur des Bundesministeriums für Wirtschaft, Köln, Deutscher Institutsverlag, 2002. (en allemand) |
 |
|