Malgré une conjoncture économique difficile, la France et l’Allemagne restent l’une pour l’autre le principal partenaire commercial. Depuis les années 1970, les exportations de l’Allemagne vers la France et de la France vers l’Allemagne n’ont cessé d’augmenter, pour atteindre aujourd'hui un niveau très élevé. De même, les investissements de l’Allemagne en France et de la France en Allemagne restent très importants : après avoir largement participé à la privatisation des entreprises de l’Est de l’Allemagne (d’où un véritable bond des investissements français dans les années 90), la France concentre aujourd'hui ses investissements dans les Länder allemands qui lui sont limitrophes ; l’Allemagne, qui effectue la majorité de ses investissements français dans les régions de l’Est, est aujourd'hui le principal investisseur en France après les Etats-Unis.
La stabilité des relations commerciales entre la France et l’Allemagne ne saurait cependant faire oublier l’état inquiétant de l’économie allemande, qui menace directement les exportations françaises : croissance faible (0,6 % en 2001, alors que 1,8% seraient nécessaires à la création d’emplois), taux de chômage élevé (près de 10 %), démographie en forte baisse (augmentant le coût social) et sérieuses difficultés sociales (système de santé au bord de la faillite, éducation en crise). Cette situation ne se ramenant qu’en partie à la conjoncture mondiale, il est aujourd'hui indispensable de mener d’importantes réformes structurelles pour relancer l’économie allemande.
Sur ce point, l’Allemagne semble actuellement manquer d’une direction politique forte et le programme économique de la coalition rouge-verte est marqué par des contradictions, concernant notamment l’impôt sur les sociétés, la cotisations à la sécurité sociale et la commission Hartz. En outre, le Bundesrat se trouvant actuellement aux mains des partis conservateurs, le gouvernement n’a qu’une marge de manœuvre réduite pour pouvoir mener des réformes ambitieuses. S’ils veulent changer la donne, les sociaux-démocrates et les Verts doivent gagner les élections régionales qui auront lieu en Basse-Saxe et en Hesse en février 2003, et ainsi faire basculer le Bundesrat à gauche.