Quarante ans après, le chantier reste ouvert. La meilleure façon de célébrer le traité de l'Elysée n'est certainement pas de s'abandonner à la nostalgie ni de chercher à imposer un nouveau texte "fondateur". Mieux vaut s'appuyer sur ce qui a été réalisé aux cours des dernières décennies pour proposer un projet commun à l'Union élargie. La Convention sur l'avenir de l'Europe constitue une occasion et un test. Si les Français et les Allemands n'étaient pas capables d'avancer des propositions communes, toutes leurs protestations d'amitié seraient vaines. " Henri de Bresson et Daniel Vernet, " Coup de pouce franco-allemand sur la défense ", Le Monde, 26.11.02
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| Résumé de la manifestation |
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Comme l’a montré le déblocage sur la politique agricole commune (PAC), la France et l’Allemagne s’accordent aujourd'hui sur le fait que la coopération franco-allemande est indispensable à l’intégration européenne. Les deux pays partagent une même conception de la finalité européenne (fédération d’Etats-nations), ainsi que les idées d’ " europuissance " (G. Schröder) et de multilatéralisme ; quant à la question des institutions européennes, elle sera probablement réglée dans un proche avenir. Concernant les traditionnelles divergences entre les conceptions communautaire de l’Allemagne et intergouvernementale de la France, une voie moyenne s’avère en effet possible.
Bien que les modalités ne soient pas encore réglées, il y a dès aujourd'hui accord pour renforcer le triangle institutionnel de l’Union. Sur plusieurs points, les deux pays se sont fortement rapprochés. D’une part, la France n’exclut plus que le Président de la Commission soit élu par un Parlement européen renforcé, ni d’ailleurs que les décisions au Conseil soient prises à la majorité qualifiée. D’autre part, l’Allemagne s’est en partie ralliée à la position française sur la question d’un Président de l’Union. Ainsi, faire du Président de la Commission, élu par le Parlement européen, le Président de l’Union, et en outre renforcer la synergie entre la Commission et le Conseil, constitueraient une solution intéressante.
Dans le domaine de la défense en particulier, la coopération franco-allemande devrait se poursuivre. Les deux pays proposent d’inscrire dans le futur traité de l’Union un passage consacré à la solidarité et à la sécurité communes, afin de transformer la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) en Union européenne de sécurité et de défense ; ils proposent également d’y mentionner la possibilité de recourir aux coopérations renforcées pour la sécurité et la défense et de créer une agence européenne de l’armement. Si, conformément à l’accord de Nuremberg (1996), ils s’affirment aujourd'hui prêts à mettre leurs ressources en commun et à partager les tâches, ils devront encore surmonter leurs divergences sur les investissements militaires, et l’Allemagne devra résoudre la question de la professionnalisation de la Bundeswehr.