Eckhard Wurzel a tout d’abord tenu à rendre compte des performances économiques de l'Allemagne durant ces dix dernières années. Selon lui, deux éléments la caractérisent.
Premièrement, la croissance allemande a été inférieure d’un demi point en moyenne à celle de ses partenaires européens depuis 1993. Ceci s’explique par l’absence de croissance significative des facteurs de production : le nombre d’heures travaillées par an a diminué sur l’ensemble de la période pour atteindre son niveau le plus bas depuis dix ans en 2003 ; la croissance de la productivité du travail n’a pas été suffisamment forte pour contrebalancer cette évolution.
Deuxièmement, l’économie allemande présente un caractère dual. Si l’économie exportatrice est bien portante, l’économie interne souffre d’une demande intérieure décroissante.
Pour remettre l’Allemagne sur le chemin de la croissance, il faut donc, en priorité, enlever les barrières qui entravent l’entrée sur le marché du travail de nombreuses personnes. De ce point de vue, les réformes du marché du travail engagées actuellement par le gouvernement Schröder vont, selon Eckhard Wurzel, dans le bon sens.
Il s’avère également nécessaire de favoriser l’innovation et l’investissement. L’économie allemande, traditionnellement à la pointe de la recherche dans de nombreux domaines, a perdu ces dernières années de sa capacité d’innovation. En facilitant la création de nouvelles entreprises, le gouvernement a fait un pas dans cette direction. Il s’agit maintenant de réorganiser le budget pour développer les dépenses d’investissement.