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| L'Europe entre marché unique et monnaie unique. Perspectives françaises et britanniques |
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 | 30/09/1997
 Pierre Jacquet et Jean Pisani-Ferry (dir.), Cahiers de l'Ifri 20, Paris, Ifri/CEPII, 1997, 126 p., 9,95 €. Cet ouvrage est consacré aux travaux de la journée franco-britannique sur le marché unique européen, organisée en octobre 1996. | Lire le texte intégral en français et anglais (pdf).
Avant-propos
Alors que l'Union européenne a entrepris à la fois d'approfondir la coopération en créant une Union monétaire entre ses membres et de mener à bien son élargissement aux pays d'Europe centrale et orientale, d'importantes contradictions subsistent entre différentes approches de l'intégration européenne, et divisent notamment la France et le Royaume-Uni. Depuis la création du Marché commun, celui-ci a souvent fait entendre sa différence. Aujourd'hui encore, une majorité s'y oppose au projet d'Union monétaire; mais une majorité aussi manifeste régulièrement son attachement profond au libre-échange et aux principes du marché unique européen. Les oppositions sont souvent tellement tranchées qu'elles en viennent à prendre un tour idéologique plus qu'analytique, peu propice au dialogue et à la compréhension mutuelle. C'est pour combler en partie ce déficit d'explications mutuelles que le Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII), le Service d'étude de l'activité économique de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP-SEAE) et l'Institut français des relations internationales (Ifri) ont ddécidé d'organiser à l'Ifri, le 9 octobre 1996, conjointement avec le Royal Institute of International Affairs (RIIA) de Londres (Chatham House), un séminaire franco-britannique d'une journée sur le marché unique européen. Cette initiative a reçu le soutien du ministère français de l'Industrie. Bien entendu, les points de vue exprimés par les différents participants lors de cette journée l'ont été à titre personnel et ne sauraient représenter les positions du ministère de l'Industrie ou des institutions qui ont pris l'initiative de cette rencontre. Ce volume des Cahiers de l'Ifri s'ouvre sur la synthèse, en français, des travaux de cette journée. Les chapitres suivants présentent les contributions, en anglais, des différents intervenants, complétées par un résumé des débats. Trois sessions ont été organisées au cours de la journée: bilan du marché unique, lien entre marché unique et monnaie unique, enjeux de politique commerciale européenne. Sur chacun des sujets, deux exposés ont ouvert les débats. Stuart Bell, député travailliste, a également présenté à cette occasion la position du Labour. Son allocution est jointe en annexe. La discussion sur le bilan du marché unique a révélé la déception britannique quant aux résultats économiques et institutionnels atteints jusqu'à présent. Tout en reconnaissant les progrès accomplis en matière de libéralisation, les participants britanniques ont mis davantage l'accent que les Français sur l'ampleur des tâches qui demeurent pour libéraliser complètement les échanges de biens, services, capitaux. Une attention particulière a été consacrée au marché unique des services financiers et à la directive en discussion sur les services d'investissement. L'ensemble des participants a reconnu la grande difficulté à dresser un bilan précis du marché unique quant à ses effets sur la nature et le degré de l'interdépendance commerciale, même si le degré de concurrence et d'intégration des marchés s'est sensiblement accru. Les conséquences du marché unique sur les performances économiques ont été jugées décevantes, mais peut-être l'auraient-elles été plus encore si le marché unique n'avait pas été entrepris. La session sur le lien entre marché unique et monnaie unique a confirmé le fossé qui sépare nombre d'analyses françaises et britanniques, même lorsque ces dernières ne sont pas hostiles à l'Union monétaire: sur le lien entre monnaie et puissance, une certaine vision française présentant l'euro comme un contrepoids bienvenu au dollar ou comme un renforcement relatif de la France par rapport à l'Allemagne; sur les implications de la monnaie unique sur la variabilité des performances économiques, certains participants britanniques confirmant la préférence souvent exprimée outre-Manche pour les taux de change flottants alors que d'autres mettent en avant la plus grande variabilité que l'on pourrait attendre si les politiques monétaires restaient décentralisées; sur le lien entre la construction monétaire et le processus d'intégration européenne, certains contestant l'idée, populaire en France, que l'intégration monétaire est devenue le point de passage obligé de la poursuite de l'intégration européenne. Mais c'est peut-être en matière de politique commerciale extérieure que les interventions ont été les plus différenciées selon les niveaux de développement des partenaires commerciaux; l'intervenant britannique, quant à lui, a soutenu que c'était la libéralisation des échanges avec le reste du monde, beaucoup plus qu'au sein de l'Europe, qui apporterait les bénéfices les plus substantiels, et qu'il fallait l'aborder sans discrimination, position qu'ont appuyée un grand nombre de participants. Le débat a largement porté sur le lien entre la libéralisation des échanges et la distribution des revenus, une majorité de participants convenant que le commerce international ne porte qu'une faible part de responsabilité dans les problèmes de l'emploi en Europe. Les participants se sont aussi retrouvés sur la nécessité de réformer l'Etat-providence enet de mettre en place une fiscalité appropriée qui permette de répartir avec davantage d'efficacité les gains tirés de la libéralisation des échanges. Cette journée n'a certes pas aplani les différences. Mais elle a permis de mieux comprendre les positions respectives et de démythifier certaines des oppositions. Comment penser aboutir un jour à des politiques communes en l'absence d'un dialogue préalable de cette nature?
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Pierre Jacquet est directeur adjoint de l'Ifri. Jean Pisani-Ferry est directeur du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII).
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