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Mémoires et migrations en Europe

Pour une description détaillée des activités réalisées dans le cadre de ce projet, voir le document ici.

À la différence d’autres sociétés d’immigration, comme les États-Unis, le Canada ou l’Australie, l’Europe n’a pas fait des migrations un élément central des récits sur son identité commune. Les débats actuels sur l’asile illustrent cela. Le xxè siècle européen a en effet été marquée par les migrations et l’exil de populations européennes cherchant asile, des Espagnols fuyant la guerre civile aux réfugiés des Balkans en 1992, en passant par les réfugiés hongrois de 1956 ou les « échanges » de population en Grèce dans les années 1920 et, dans l’immédiat après-guerre, les mouvements de population désignées en Allemagne par le thème de la « fuite et l’expulsion ». C’est dans ces mouvements de populations qu’ont pris forme le régime de protection des réfugiés posé par la Convention de Genève de 1951, ainsi qu’une nouvelle union politique en Europe.

Or, malgré cette longue et riche histoire des migrations et de l’asile qui ont fait l’Europe, les débats publics et politiques ont fait de l’immigration un problème d’« identité », laissant de fait peu de place aux diverses mémoires immigrées, reléguées par des conceptions homogènes et exclusives du « vivre ensemble ».

Un projet participatif dans six villes européennes

Le projet Mémoires et migrations avait pour ambition d’engager un débat sur le rapport des Européens à la mémoire des migrations dans six villes européennes : Amsterdam, Athènes, Birmingham, Budapest, Lisbonne et Paris. Il impliquait divers acteurs locaux (ONG, élus, citoyens, migrants, réfugiés, chercheurs…) et renforçait les relations entre eux afin de favoriser les synergies et les projets communs. Les activités ont pris la forme de séminaires de travail, de conférences publiques et de rencontres avec la société civile.

  • Athènes, 18 novembre 2015 : « Des réfugiés grecs des années 1920 à la crise des réfugiés en 2015 » - Réunion locale. Cette rencontre a réuni des représentants d’associations et des réfugiés résidant en Grèce autour d’une présentation de Giorgos Kritikos, historien à l’Université Harokopeio d’Athènes.

 

  • Paris, 25 novembre 2015 : « La crise de l’asile en Europe : une crise de la mémoire ? » - Conférence publique. La « crise des réfugiés » ne serait-elle pas un problème lié à l’absence de mémoire des Européens quant à leur propre histoire migratoire ? Sous ce rapport, les mémoires migratoires aujourd’hui disponibles en Europe constituent-elles une ressource pour dépasser les obstacles à l’accueil des réfugiés ? l’inverse, ne constituent-elles pas aussi un obstacle dès lors qu’elles réactivent des conceptions homogènes et exclusives des identités nationales ?

 

  • Paris, 26 novembre 2015 : « La mémoire de l’asile : un outil pour les associations d’aide aux réfugiés ? » - Séminaire fermé. Dans quelle mesure la mémoire des migrations, et plus particulièrement celle des réfugiés, peut-elle devenir un élément central des activités des organisations d’aide aux réfugiés et une dimension majeure de leur stratégie de plaidoyer pour la défense des droits des réfugiés ?

 

  • Amsterdam, 25 avril 2016 : « La mémoire des migrations dans les villes européennes » - Séminaire fermé. Cette rencontre a réuni 19 participants venus des six villes du projet. Le panel était composé de chercheurs, d’élus locaux et de plusieurs représentants de la société civile.

 

  • Amsterdam, 25 avril 2016 : « La mémoire des migrations dans les villes européennes – une autre voix dans le débat sur les migrations » - Conférence publique. Quelles sont les mémoires des migrations utilisées par les différents habitants, élus locaux, associations, universitaires et comment influencent-t-elles la perception sociale, culturelle et politique du sentiment d’appartenance et la création d’une société inclusive ? Les villes utilisent-elles cette mémoire pour prendre part aux débats nationaux sur les politiques migratoires et les questions d’identité ?

 

  • Paris, 21 juin 2016 : « Mémoires et migrations à Paris » - Réunion locale. Cette rencontre a réuni la Ville de Paris, le Réseau mémoires histoires en Ile-de-France et la mission histoire et archives de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides.

 

  • Paris, 23-24 juin 2016 : “Giving History it’s place in migration and refugee debates and research” – Journées d’étude, Institut d’études avancées de Paris. Ces deux journées avaient pour objectif de porter un regard critique sur les usages politiques de la mémoire dans les débats contemporains sur l’immigration en Europe (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas) et de discuter des manières de remettre l’histoire au centre de la recherche sur les migrations et l’asile, en s’appuyant sur les travaux d’historiens, de politistes et de sociologues.

 

  • Budapest, 14 novembre 2016 : « Migrations et réfugiés : rendre sa place à l’histoire » - Colloque international. Dans la continuité des journées d’études de juin 2016, cette rencontre a porté sur les manières de « rendre justice » à l’histoire dans les débats publics et scientifiques sur les migrations et l’asile, à partir d’une approche comparative, à partir des cas de la Grande-Bretagne, de la France, de la Grèce, de la Hongrie et des Pays-Bas.

 

  • Budapest, 15 novembre 2016 : « Utiliser la mémoire : quand les réfugiés font l’histoire » - Séminaire international. Dans le contexte actuel, l’un des principaux enjeux du rapport entre mémoires et migrations est de parvenir à donner une place centrale à la mémoire des migrants et des réfugiés eux-mêmes. Comment y parvenir ? Cette réunion a réuni des associations de plaidoyer, des ONG opérant dans le champ des droits de l’homme et de l’aide aux réfugiés, des réfugiés, des chercheurs, ainsi que des décideurs politiques locaux et européens.

Retrouvez ici l’étude « L’Europe et les réfugiés en 2015 : une crise la mémoire ? ».

Retrouvez ici la contribution du Centre migrations et citoyennetés au RAMSES 2017 : « Les migrations face au défi identitaire en Europe – Entre mémoire et identité » par Christophe Bertossi et Jan Willem Duyvendak.

Le projet Mémoires et migrations était coordonné par Christophe Bertossi, directeur du Centre migrations et citoyennetés de l’Ifri, et Matthieu Tardis chercheur au Centre migrations et citoyennetés.

Les experts participant à ce projet étaient : Agnes Ambrus (HCR, Budapest), Kehinde Andrews (City University, Birmingham), Aline Angousture (Ofpra, Paris), Firoez Azarhoosh (Fondation BMP, Amsterdam), David Ban (Anthropolis project, Budapest), Maryline Baumard (Le Monde, Paris), Aniko Bakonyi (Comité Helsinki de Hongrie, Budapest), Aniko Bernat (Tarki, Budapest) , Christophe Bertossi (Centre migrations et citoyennetés de l’Ifri), János Bibo (Hungarian Evangelical Fellowship, Budapest), Paolo Boccagni (Université de Trento), Eva Bognar (Université d’Europe centrale, Budapest), Jeanne Bonnemay (cabinet de l'adjointe à la Maire de Paris en charge de la sécurité, la prévention, la politique de la ville et l'intégration, Ville de Paris) Margardida Botelho (Fondation ComParte, Lisbonne), Olivier Bouin (Réseau français des Instituts d’études avancées, Paris), Céline Cantat, (Université d’Europe centrale, Budapest), Yannick Coenders (Université d’Amsterdam), Georges Dertilis (EHESS, Paris), Tibor Dessewffy (Université ELTE, Budapest), Isabelle Devaux (Service égalité, intégration, inclusion, Ville de Paris), Perrine Dommange (Service Egalité, intégration, inclusion, Ville de Paris), Olsi Dudumi (Organisation internationale des migrations, Budapest)  , Jan Willem Duyvendak (Université d’Amsterdam), Miriam Ekuidoko (Ebony Association, Budapest), Jonathan Ellis (City of Sanctuary, Londres), Olivier Esteves (Université de Lille), Laura Fakra (Réseau Mémoires-Histoires en Ile-de-France), Alice Fèvre (Forum grec des réfugiés, Athènes), Nancy Foner (CUNY, New York), Barbara Forbes (City of Sanctuary, Birmingham), Christophe Harrison (France terre d’asile, Paris), Istvan Hegedus (Hungarian Europe Society, Budapest), Mubarak Hussein (Associacao Refugiados Portugal, Lisbonne), Michael Ignatieff (Université d’Europe centrale, Budapest), Julia Ivan (Consultante, Budapest), Danièle Joly (FMSH), Manuela Judice (Conseil municipal, Lisbonne), Dilek Karaağaçlı, (Fondation BMP, Amsterdam), Éva Judit Kovács (Académie hongroise des Sciences, Budapest), Andras Kovats (Menedék, Budapest), Ismini Karydopoulou (Forum grec des réfugiés, Athènes), György Kakuk (journaliste, Budapest), Patrick Klugman (adjoint à la Maire de Paris chargé des relations internationales et de la francophonie), Maria Kovács (Université d’Europe centrale, Budapest), Giorgios Kritikos (Université Harokopion, Athènes), Kazim Rooish (Forum grec des réfugiés, Athènes), Catherine Lalumière (présidente de la Fédération française des maisons de l’Europe, Paris), Marie de Looz-Corswarem (EACEA, Bruxelles), Timea Lovig (Menedék, Budapest), Malachi MacIntosh (Runnymede Trust, Londres), Manraj Mander (Ifri, Birmingham), Zsofia Miklos (DemNet Hongrie, Budapest), Andras Mink (Open Society Archives, Budapest), Alexandros Modiano (Conseil municipal, Athènes), Rahmad Mohamedi (Forum grec pour les réfugiés, Athènes), Balint Molnar (Centre européen de la jeunesse, Budapest), Peter Molnar (Université d’Europe centrale, Budapest), Zsofia Nagy (Université ELTE, Budapest), John Narayan (Université de Warwick), Jan Niklas Engels (Friedrich Ebert Stiftung, Budapest), Wieteke Nieuwboer (Ville d’Amsterdam), Alfreda Nneka Iyiegbu (Ebony Association, Budapest), Paul Mepschen (Université de Leiden), Mohammed Ouaddane (Réseau Mémoires-Histoires en Île-de-France, Paris), Catherine Perron (CERI/Sciences Po, Paris), Evelyne Ribert (EHESS/CNRS, Paris), Magali Robert (Service égalité, intégration, inclusion, Ville de Paris), Kazim Rooish (Forum grec pour les réfugiés, Athènes), Philip Rudge (Consultant), Salome Schaerer (Migszol, Budapest), Hugo Seabra (Fondation Calouste Gulbenkian, Lisbonne), Endre Sik (Université ELTE, Budapest), Hélène Soupios-David (France terre d’asile, Paris), Martin Sqalenz Kalenga Sobola (Forum grec des réfugiés, Athènes), Hans van Stee (Conseil néerlandais pour les réfugiés, Amsterdam), Andras Szalay (Oltalom Charity Society, Budapest), Csaba Szilagyi (Open Society Archives, Budapest), Sharon Thompson (Councilor, Birmingham), Francesco Vacchiano (Université de Lisbonne), Hetty Vlug (Service for Education, Youth and Care of the city of Amsterdam), Khursheed Wadia (Université de Warwick), Catherine Wihtol de Wenden (CERI/CNRS, Paris), Bénédicte Williams (Institut français de Budapest), Nemeth Zsolt (Mairie de Zuglo-Budapest).

Pour plus d’information, contactez migrations@ifri.org.

 

Ce projet est mis en œuvre en partenariat avec l’Université d’Amsterdam, l’Université de Warwick, la Fondation Calouste Gulbenkian et le Réseau français des instituts d’études avancées (RFIEA). Il bénéficie du soutien du programme « l’Europe pour les citoyens » de l’Union européenne.

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