Publié le 05/09/2016

Dominique MOISI, chronique parue dans LES ECHOS

 Comment traiter avec la Turquie d'Erdogan ? La question se pose avec toujours plus d'urgence au lendemain du putsch raté du 15 juillet, depuis l'entrée en force des troupes turques sur le territoire syrien, le 24 août, et alors que le flot de réfugiés arrivant sur les rivages européens est loin de se tarir.

On peut exprimer les plus grandes réserves à l'encontre de la dérive autoritaire du régime turc. Les arrestations, les purges qui ont suivi la tentative de coup d'Etat, mélangeant semble-t-il gülenistes et démocrates, semblent disproportionnées et même contraires au bon fonctionnement de l'Etat. Mais il y a bien eu un coup d'Etat militaire - certes mal préparé et mal exécuté -, dont l'échec est imputable pour partie au moins au soulèvement spontané de la population d'Istanbul, qui a payé un lourd tribut (plus de 200 morts) à sa résistance.

Face à ce putsch, les démocraties occidentales n'ont pas su réagir avec la clarté et la spontanéité nécessaires. Leur hésitation contrastait avec la condamnation ferme de Moscou. Il y avait, d'un côté, la solidarité des régimes autoritaires dans la défense des principes démocratiques et, de l'autre, des régimes démocratiques faisant étalage de leurs contradictions...

 

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