Publié le 27/06/2018

Les 1er et 2 juillet, se tient à Nouakchott (Mauritanie), le 31ème Sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine. Le président Emmanuel Macron s'y rendra et une quarantaine de délégations du continent sont attendues. En plus des affaires courantes, le sommet abordera deux questions commerciales stratégiques : la mise en place de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), formellement créée en mars dernier à Kigali, et l'accord éventuel sur une position commune dans les négociations post-Cotonou.

Mais ce seront surtout les thèmes de la corruption et de la paix et de la sécurité qui occuperont le centre des débats.

Les discussions autour de la corruption s’inscrivent dans un contexte politique particulier. Celui-ci se caractérise par la phase de renouvellement de présidents à la longévité extrême et critiqués pour leur gestion néo-patrimoniale des affaires de leur pays (Robert Mugabe, José Eduardo dos Santos…) par de nouvelles figures qui n’hésitent pas à affirmer leur désir de rompre avec les pratiques du passé.

On pense ainsi à João Lourenço en Angola, à Abiy Ahmed en Ethiopie, à Emmerson Mnangagwa au Zimbabwe ou encore à Cyril Ramaphosa en Afrique du Sud. Celui-ci-se caractérise également par une certaine tentation ou hésitation de dirigeants en place de revenir sur leur parole de se limiter à deux mandats : on pense à Alassane Dramane Ouattara (Côte d’Ivoire), Alpha Condé (Guinée C), Mohamedou Issouffou (Niger) et même l’hôte du sommet Mohamed Ould Abdel Aziz.

En ce qui concerne les questions de paix et de sécurité, l’Afrique est confrontée à de périlleux conflits infra-étatiques et transnationaux. Le Soudan du Sud, plongé dans une interminable guerre civile depuis 2013, préoccupe ses voisins immédiats – en particulier l’Ethiopie, tandis que la précaire République centrafricaine s’avère toujours aussi vulnérable face aux groupes rebelles. Par ailleurs, compte-tenu de l’emplacement du sommet, les chefs d’Etat et de gouvernement africains ne feront certainement pas l’économie des problématiques sécuritaires saharo-sahéliennes où le G5 Sahel est appelé à jouer un rôle central.

L’Ifri suit les questions de paix et de sécurité sur le continent en publiant régulièrement des analyses appuyées par des séjours sur le terrain. Voici quelques travaux récents à la fois sur les crises, les médiations et les violences :


AFRIQUE

La Mauritanie à la veille des élections de 2019 [1], Alain ANTIL, [2] dans Revue Diplomatie, n° 92, mai-juin 2018, pp. 35-39

L'armée entre en scène au Zimbabwe. Coup de théâtre ou théâtre sans fin ? [3] Victor MAGNANI [4]Notes de l'Ifri, avril 2018

2017, une année non électorale. Cartographie analytique des "points chauds" de la République démocratique du Congo [5]Thierry VIRCOULON [6]Notes de l'Ifri, mars 2018

Les partenariats entre l’Union européenne et les pays africains sur les migrations. Un enjeu commun, des intérêts contradictoires [7], Matthieu TARDIS [8], Notes de l'Ifri, mars 2018

Efficacité des médiations de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Bilan et leçons (2012-2017) [9], Thibaud KURTZ, Notes de l'Ifri, février 2018

La démocratie en Afrique : éviter le retour en arrière 10 ans après l'adoption de la Charte africaine de la démocratie [10], Alfredo Tjiurimo HENGARI, L'Afrique en questions, n° 41, 6 décembre 2017

À la recherche de la paix en Centrafrique. Médiations communautaires, religieuses et politiques [11], Thierry VIRCOULON [6]Notes de l'Ifri, juin 2017

Faire la paix et construire l'Etat : Les relations entre pouvoir central et périphéries sahéliennes au Niger et au Mali [12], Yvan GUICHAOUA et Mathieu PELLERIN [13]Etude de l'IRSEM, n° 51 - 2017

 

ENERGIE

Le manque d’accès à l’électricité est un frein considérable au développement économique de l’Afrique Subsaharienne. Ce problème est double car la région affiche le taux d’électrification le plus faible au monde, avec plus de la moitié de la population subsaharienne n’ayant pas accès à l’électricité et que, au sein des zones électrifiées, les capacités de production sont largement insuffisantes pour couvrir la demande. De plus, l’augmentation progressive du taux d’électrification dans la région est constamment remise en cause par l’accroissement démographique.

Face aux contraintes environnementales, répondre à ces besoins de façon durable est un enjeu essentiel. L’Afrique est dotée d’un potentiel d’énergie renouvelable considérable mais il demeure inexploité. En dépit de l’aide financière apportée par les institutions internationales et de la baisse historique des coûts des technologies solaires, les investissements privés dans les capacités de production d’électricité renouvelable peinent encore à se matérialiser dans la région.

Alors qu’elle représente près de 14% de la population mondiale, l’Afrique Subsaharienne n’a que très peu contribué au réchauffement de la planète. En 2014, la région n’a émis que 2% des émissions globales de CO2. En revanche, elle est particulièrement exposée à ses effets et ses capacités d’adaptation restent extrêmement limitées.

Enfin, la région connaît la croissance démographique la plus forte du monde. Certains pays comme le Nigeria, le Niger, le Mali ou encore la République Démocratique du Congo verront leurs populations plus que doubler d’ici 2050. En sus des défis considérables qu’elle représente pour le marché du travail, cette pression démographique s’ajoute aux conséquences du dérèglement climatique et accentue d’autant plus le risque de déstabilisation dans la région.

Lire les travaux récents de l'Ifri :

Sub-Saharan Africa’s electricity challenges and opportunities [14]Marc-Antoine EYL-MAZZEGA [15], présentation, Oslo, 11 juin 2018

Prix bas du pétrole : l’« OPEP+ » dans la tourmente [16], Marc-Antoine EYL-MAZZEGA [15], (dir.), Études de l'Ifri, juin 2018

Le gisement transfrontalier de Tortue. Le symbole d’une relation compliquée entre la Mauritanie et le Sénégal [17], Benjamin AUGE [18], L'Afrique en questions, n° 40, 7 novembre 2017

Les stratégies des compagnies pétrolières nationales africaines, [19] Benjamin AUGE [18], Notes de l'Ifri, septembre 2017

Electrifier durablement l'Afrique et l'Asie [20]Gabrielle DESARNAUD [21]Notes de l'Ifri, mars 2016

 

VIDÉOS

Afrique subsaharienne : la mondialisation par le bas - Alain ANTIL [22], directeur du Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri [23], Ramses 2018 [24]

 

Vers un retour de l'instabilité au Mozambique ? Régio CONRADO [25], doctorant au laboratoire "Les Afriques dans le monde", mai 2017


 

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