Publié le 01/10/2019

Laurence NARDON

La campagne en vue des primaires démocrates aux États-Unis révèle l’existence d’un profond clivage au sein du parti. Les idées libérales, adoptées sous Bill Clinton, sont de plus en plus contestées. Un programme « socialiste » n’est plus tabou, mais il est loin de rassembler la majorité du parti. Un choix devra être opéré qui prenne en compte un électorat composite : classes moyennes, Afro-américains, minorités diverses, monde intellectuel. Quelle personnalité sera susceptible de les rassembler pour battre Donald Trump en 2020 ?

 

Au printemps 2019, pas moins de vingt-trois personnalités avaient officiellement déclaré leur candidature à l’investiture du Parti démocrate pour les élections présidentielles de novembre 2020. Certains ont déjà abandonné la partie, mais la bataille se poursuit avec ardeur : douze débats télévisés sont programmés entre juin 2019 et avril 2020, les primaires et les caucus seront conduits dans les cinquante États à partir de février 2020, jusqu’à la Convention nationale démocrate, prévue à Milwaukee du 13 au 16 juillet 2020.


Or, les démocrates font face à un double impératif dans cette campagne. Le premier est de battre Donald Trump, ce président proprement monstrueux aux yeux de beaucoup d’entre eux. Le second est de redéfinir la ligne politique de la gauche américaine. Alors que l’ère Clinton est terminée, les penseurs du parti ont en effet la possibilité de sortir du dogme libéral pour rendre à l’État un rôle de redistribution plus important. Toute la question est de savoir si le candidat ou la candidate qui va s’imposer dans les primaires et la ligne idéologique qui sera la sienne seront les mieux à même de garantir une victoire contre Trump.


Dans la seconde moitié des années 1980, un certain nombre d’intellectuels et de stratèges du Parti démocrate adoptent les préceptes de l’économie libérale que Ronald Reagan met en œuvre depuis son arrivée à la Maison blanche en janvier 1981. Ils abandonnent le principe d’intervention de l’État, qui avait prévalu du New Deal de Roosevelt dans les années 1930 au projet de Grande Société de Johnson dans les années 1960, pour défendre l’idée que c’est la main invisible du marché qui saura au mieux faire prospérer la société américaine…

 

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