Publié le 01/01/2018

Marc JULIENNE

Ce chapitre se penche sur les menaces terroristes auxquelles la Chine fait face aujourd’hui, d’origine nationale et régionale, et analyse les motivations qui amènent Pékin à s’impliquer davantage dans la coopération régionale de sécurité, ainsi que les défis à venir pour la Chine en matière de lutte antiterroriste.

La République populaire de Chine (RPC) fait face à la menace terroriste tant sur son territoire national que dans son environnement géographique proche. Sur son territoire, la province du Xinjiang est l’objet de revendications par des mouvements séparatistes islamistes recourant à des modes opératoires terroristes. Si le Xinjiang est régulièrement touché par des attaques violentes depuis les années 1990, la période 2013-2015 a connu une recrudescence significative de la violence, au Xinjiang mais également à travers le territoire chinois : un attentat suicide à la voiture piégée sur la place Tiananmen à Pékin le 28 octobre 2013 a fait deux morts et 40 blessés, une attaque au couteau à la gare de Kunming le 1er mars 2014 a fait 31 morts et plus de 140 blessés, une valise piégée à la gare d’Urumqi le 30 avril 2014 a fait trois morts et 79 blessés, un double attentat suicide à la voiture piégée sur un marché à ciel ouvert d’Urumqi le 22 mai de la même année a fait 31 morts et 94 blessés, et deux attaques au couteau à la gare de Canton les 6 mai 2014 et 5 mars 2015 ont fait respectivement six et 13 blessés. Ces attaques ont toutes été perpétrées par des militants ouïghours, bien qu’elles n’ont pas toutes été revendiquées.

Dans son environnement géographique proche, la Chine doit composer avec des voisins politiquement instables et en proie à des organisations nationalistes et islamistes violentes, qui d’une part font peser un risque directement sur les frontières chinoises, et d’autre part menacent les intérêts chinois grandissants dans ces pays, comme en Asie centrale, en Afghanistan ou au Pakistan. Ces menaces font pression sur sa politique régionale, elle-même au cœur de l’agenda de politique étrangère du président Xi Jinping, arrivé au pouvoir fin 2012.