Publié le 01/07/2020

Éric-André MARTIN, interviewé par Léo Lictevout pour Toute l'Europe

Après la Croatie au premier semestre 2020, c'est au tour de l'Allemagne d'assurer la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne du 1er juillet au 31 décembre 2020. De nombreux défis attendent le pays, qui devra notamment parvenir à un compromis autour de la relance de l'économie européenne.

Il y a treize ans que l'Allemagne n'avait pas occupé la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne. Ce mercredi 1er juillet, pour la treizième fois depuis la fondation des Communautés européennes, l'Allemagne a pris les commandes du Conseil de l'UE : les ministres et représentants allemands présideront ainsi jusqu'en décembre les réunions du Conseil et des instances préparatoires (à l'exception du Conseil des ministres des Affaires étrangères, doté de son propre président). "L’Allemagne jouera un rôle de moteur et d’intermédiaire. Notre mission sera de bâtir des ponts et de trouver des solutions qui bénéficieront finalement à tous au sein de l’Union", a déclaré son ministre des Affaires étrangères Heiko Maas, le 24 juin.

La présidence tournante du Conseil fonctionne par trio (groupe de trois pays s'y succédant, et menant un programme commun). Avant l'Allemagne, la présidence croate au premier semestre de l'année concluait le trio qu'elle formait avec la Roumanie et la Finlande, initié le 1er janvier 2019. L'Allemagne marque donc le début d'un nouveau cycle, qui se poursuivra en 2021 avec les présidences portugaise et slovène.

Angela Merkel, qui supervisera sa deuxième - et dernière - présidence tournante en tant que chancelière, aurait cependant pu rêver de meilleures conditions : ce mandat intervient au lendemain de la pandémie de Covid-19 en Europe, au cœur d'une crise économique d'ampleur, et à l'aube d'importantes échéances politiques et budgétaires pour l'Europe.

Relever l'Union de l'intérieur…

L'Allemagne accède donc à la présidence tournante du Conseil de l'UE dans un contexte particulièrement critique, au sortir d'une pandémie à l'origine d'une récession économique sans précédent attendue pour l'année 2020. Ces dernières semaines, la crise a ainsi conduit à "une prise de conscience par les responsables politiques allemands, et notamment par la chancelière, que l'Europe se trouvait dans une situation politiquement très difficile et très risquée si rien ne se passait", explique Éric-André Martin, Secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes (CERFA), interrogé par Toute l'Europe. Un constat martelé par Angela Merkel devant le Bundestag, le 18 juin dernier : "L'Europe a besoin de nous, comme nous avons besoin de l'Europe". Un mois plus tôt, le 18 mai, la chancelière s'était unie au président français Emmanuel Macron pour formuler une initiative franco-allemande pour la relance économique du continent. Une première pour la cheffe du gouvernement allemand, traditionnellement gardienne de l'orthodoxie budgétaire, car cette initiative proposait une relance massive financée par un emprunt européen. L'idée a par la suite largement inspiré le plan de relance avancé par la Commission européenne, Next Generation EU.

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