Publié le 08/09/2020

Tatiana KASTOUEVA-JEAN, interviewée par Marc-Antoine Pelaez et Leo Pierrard pour L'Express

Berlin a exhorté Moscou de "fournir une réponse" sur l'empoisonnement d'Alexeï Navalny, dans les prochains jours, faute de quoi "des sanctions seront appliquées".

Il sera néanmoins difficile d'obtenir un consensus européen, selon Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie/NEI de l'Ifri.

La pression augmente pour Vladimir Poutine : en ce début de semaine, la diplomatie allemande a menacé de sanctionner Moscou si le gouvernement russe ne fournit pas de réponse sur l'empoisonnement d'Alexeï Navalny, dans les prochains jours. L'Allemagne, qui préside actuellement l'Union européenne, a confirmé l'intoxication volontaire de l'opposant russe.  

"Il y a certains actes qu'on ne peut pas laisser sans réponse. Donc, il y a aussi la question d'une sorte de compromis que les pays Européens doivent trouver entre eux. En évitant en même temps un gros feed-back économique sur leurs propres économies. Donc, les sanctions, c'est toujours une mesure qui se situe au croisement, au carrefour de toutes ces réflexions" prévient Tatiana Kastouéva-Jean.

Du côté des autorités russes, Sergueï Viktorovitch Lavrov, le ministre des Affaires étrangères a annoncé accueillir avec "une bonne dose de scepticisme" ces accusations de tentative d'assassinat. Il a par ailleurs demandé à l'Allemagne de fournir des preuves.  

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas n'a pas totalement exclu un impact sur le projet phare de gazoduc Nord Stream 2, entre la Russie et l'Europe.  

"L'Allemagne se retrouve dans un dilemme. D'une part il y a cette dureté de ton vis-à-vis de la Russie à la suite de l'empoisonnement d'Alexeï Navalny, et d'autre part l'Allemagne, qui depuis plusieurs années plaide la cause et défend le projet Nordstream 2 comme étant un projet économique et non politique", alerte Tatiana Kastouéva-Jean.

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