Publié le 24/09/2021

Michaël LEVYSTONE, article paru dans CARTO

Des tensions frontalières opposent régulièrement le Kirghizstan et le Tadjikistan depuis leur indépendance en 1991. Les événements qui se produisent durant le printemps 2021 dans le village de Kok-Tach (Kirghizstan) sont néanmoins d’une ampleur inédite.

Comment une rixe a-t-elle pu dégénérer en un conflit interétatique ? Bichkek et Douchanbé, dont les revendications s’appuient sur des documents de l’époque soviétique, ont-ils atteint un point de non-retour ?

 

Le 28 avril 2021, des habitants de la région de Soghd, au Tadjikistan, traversent la frontière avec le Kirghizstan. Ils se rendent à Kok-Tach pour installer trois caméras de surveillance autour du réservoir d’eau de Golovnoï. Leur refus de retirer ces équipements sous la pression des riverains et des gardes-frontières kirghizes fait monter les tensions. Aux jets de pierres succèdent des échanges de coups de feu et, dès le lendemain, la mobilisation par les deux États d’importants moyens militaires (chars, hélicoptères de combat, mortiers). Le soir du 29 avril, Bichkek et Douchanbé conviennent néanmoins d’une trêve. Le bilan humain de ces combats, qui mettent pour la première fois aux prises les forces armées des deux pays, est lourd : 55 morts (civils, pour la plupart), 270 blessés, 70 000 déplacés, sans compter les nombreuses destructions matérielles, soit un niveau de violence jamais vu. [...]

 

Lire l'article complet dans CARTO, [1] n°67, septembre-octobre 2021, p. 36-37