Publié le 15/02/2022

Isabelle LASSERRE, article paru dans le Figaro

Pour les médiateurs occidentaux qui se pressent à Moscou et à Kiev depuis plusieurs semaines en vue de désamorcer la crise, la question est a priori insoluble. Vladimir Poutine, qui veut rétablir son contrôle sur l’ancienne zone d’influence de l’URSS, exige que l’Otan renonce à s’étendre à l’est et recale la candidature de l’Ukraine, de même que celle de la Géorgie. L’Ukraine veut, quant à elle, entrer dans l’Alliance et dans l’Union européenne. Avec l’annexion de la Crimée en 2014 et les nouvelles provocations russes aux frontières de l’Ukraine, cet objectif est devenu largement majoritaire dans la population.

Le modèle finlandais est évoqué depuis 2014 par certains comme une possible solution à la crise ukrainienne. L’ancien secré taire d’État américain Henry Kissin
ger et l’ex-conseiller à la sécurité nationale des États-Unis Zbigniew Brzezinski, l’ont défendue. En France, l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine considère que la question du statut de l'Ukraine ne doit plus faire l’objet d’un tabou. Au nom du réalisme et du pragmatisme, l'Ukraine deviendrait ainsi un État tampon entre l'Est et l’Ouest, prélude à la construction d’une nouvelle architecture

Mais à Kiev, la solution d'une finlandisation est rejetée par les autorités.

« Nous ne sommes pas un État tampon, nous ne sommes pas un pays intermédiaire. Nous sommes des Occidentaux», a plaidé Dmytro Kuleba, le ministre des Affaires étrangères, dans une intervention par visioconférence à l’Ifri. Même s’il avait eu des velléités d’envisager une solution qui s’en rapproche, le président ukrainien aurait été contesté dans son pays, dont le sentiment pro-européen s’est encore développé ces dernières semaines. La question d’un moratoire pour l’intégration de l'Ukraine à l’Otan a aussi été mise sur la table des médiateurs européens.

 

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