Publié le 24/06/2022

Marc-Antoine EYL-MAZZEGA, cité par Vincent Collen dans Les Echos

Les raffineurs indiens achètent massivement le brut de Russie à prix cassé dont les importateurs occidentaux se détournent depuis l'invasion de l'Ukraine. Une fois transformé en carburant, le pétrole russe pourra être réexporté vers l'Europe, déjouant indirectement les sanctions qui frappent Moscou.

En théorie, les Européens n'achèteront bientôt plus de pétrole produit en Russie. Les Vingt-Sept ont décidé de réduire leurs importations de 90 % , d'ici à la fin de l'année pour le brut, et début 2023 pour les produits raffinés comme le carburant diesel.

En réalité, cela ne sera pas aussi tranché, car il sera impossible de savoir d'où vient le pétrole qui a été transformé en carburant avant d'être vendu sur le Vieux Continent. Dans les mois qui viennent, les automobilistes français feront probablement le plein de gazole importé d'Inde et produit avec du pétrole russe.

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« Washington et les Européens laisseront faire, estime Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre énergie et climat de l'Ifri. Il n'y a presque plus de flexibilité dans le marché pétrolier et près de 20 % des exportations mondiales sont sous sanctions : Russie, Iran et Venezuela, sans compter les difficultés en Libye et au Kazakhstan. Le fait que la Russie puisse continuer à exporter son pétrole atténue le choc, cela permet d'éviter que le baril ne flambe à 180 dollars. Personne ne veut entrer dans une récession ou un choc social incontrôlé ».

 

 > Lire l'article sur le site du journal Les Echos [1]