Publié le 25/09/2023
Surface de la Terre vue depuis l'espace

Laetitia CESARI

Qu’il s'agisse de mesures de coordination ou de transparence, les mesures de Soft Law permettraient de réduire les tensions entre forces en présence et de favoriser la durabilité de l’environnement spatial pour des opérations viables sur le long terme. Dans le système multipolaire actuel, les États doivent envisager le maintien de la sécurité et la sûreté spatiales comme allant au-delà des rivalités existantes, pour ne pas projeter dans l'espace les conflits menés sur Terre.

Dans un contexte géopolitique en constante évolution, les enjeux liés aux activités spatiales jouent un rôle important pour la coopération entre États. L’ambition affichée d’un développement rapide du secteur influence les relations internationales. La multipolarisation du système international, la prolifération et la diversification des parties prenantes ont transformé les dynamiques. Au nombre croissant d’États impliqués dans les négociations s’ajoute un nouvel élément : la multiplication des entités commerciales dont la place et l’influence sont croissantes.

Les accords internationaux font partie du cadre normatif destiné à assurer la gouvernance des opérations menées dans l’espace. Ils sont des fondements essentiels de la « hard law », droit contraignant régissant les activités spatiales. Avec d’autres instruments juridiques non contraignants, dits de « soft law », ces instruments permettent d’assurer une compréhension mutuelle et des règles communes.

Afin d’accompagner les évolutions récentes du secteur spatial, les États ont la possibilité de développer des mécanismes juridiques qui formeront le cadre normatif des futures activités menées au-delà de l’atmosphère terrestre. Au sein des instances multilatérales, notamment le Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique et la Conférence du désarmement, certaines puissances étatiques débattent de la manière la plus adéquate pour encadrer le développement de ce secteur et adapter le cadre actuel aux nouvelles réalités.

La soft law est proposée par certains États comme une approche permettant d’établir des visions communes pour guider les activités spatiales émergentes, sans imposer d’obligations juridiques strictes. D’autres États préfèrent les instruments juridiques contraignant, tels que les traités et les conventions, pour la possibilité d’engager la responsabilité internationale des puissances spatiales en cas d’infraction.

Ces considérations portant sur la question de l’efficacité des traités et la flexibilité des instruments de soft law sont basées sur des questions éthiques et stratégiques. Dans un monde marqué par des tensions géopolitiques permanentes, le simple fait que les États acceptent d’entamer des discussions témoigne de la reconnaissance de l'importance d'œuvrer ensemble vers un objectif commun : un environnement spatial plus durable. Il s’agit maintenant de rechercher des solutions mutuellement bénéfiques, dans un esprit de coopération.