Publié le 31/03/2014

Gabrielle ANGEY

La présence économique et diplomatique de la Turquie en Afrique est méconnue. Elle participe d'une tendance forte de ces vingt dernières années : l'investissement de pays émergents dans les économies africaines, venant ainsi concurrencer les partenaires historiques de ces pays.

La présence économique et diplomatique de la Turquie en Afrique est méconnue. Elle participe d'une tendance forte de ces vingt dernières années : l'investissement de pays émergents dans les économies africaines, venant ainsi concurrencer les partenaires historiques de ces pays

1. Ainsi, la part des échanges commerciaux menés par l"Afrique avec les puissances émergentes2 est passée de 23 % à 36,5 % entre 2000 et 2009. Sur la même période, la part des partenaires traditionnels est passée de 77 % à 63,5 %3
Ce mouvement s"insère dans la multiplication, observée ces dernières années, des échanges économiques, mais aussi diplomatiques et culturels entre des régions dites du Sud. Parmi ces nouveaux partenaires, les plus connus sont la Chine (devenue depuis 2009 premier partenaire commercial de l'Afrique devant les États-Unis.
volume d'échange commercial avec l'Afrique et se situe à un niveau comparable à la Corée et au Brésil.
En effet, depuis une quinzaine d'années, la Turquie a vu son économie se développer très rapidement. Son produit intérieur brut (PIB) a été multiplié par 4 depuis 20015, et elle a réussi à diminuer son inflation (qui avait explosé lors de l"effondrement de son économie au début des années 2000). La croissance moyenne du pays entre 2008 et 2012 se situe autour de 5 %, même si en 2012, la croissance turque n"a été que de 2,2 %, en raison de la baisse de sa consommation intérieure6. Ses exportations ont augmenté de 18% au cours de la crise, faisant de la Turquie l"un des pays de l'OCDE ayant eu les meilleures performances économiques durant cette période. Cette bonne santé économique se manifeste aussi dans sa politique économique extérieure qui lui permet d'être relativement épargnée par la crise mondiale, à la différence des pays européens7

Ainsi, la part des échanges commerciaux menés par l’Afrique avec les puissances émergentes est passée de 23 % à 36,5 % entre 2000 et 2009. Sur la même période, la part des partenaires traditionnels est passée de 77 % à 63,5 %. Ce mouvement s’insère dans la multiplication, observée ces dernières années, des échanges économiques, mais aussi diplomatiques et culturels entre des régions dites du Sud.

Depuis une quinzaine d'années, la Turquie a vu son économie se développer très rapidement. Son produit intérieur brut (PIB) a été multiplié par 4 depuis 20015, et elle a réussi à diminuer son inflation (qui avait explosé lors de l’effondrement de son économie au début des années 2000). La croissance moyenne du pays entre 2008 et 2012 se situe autour de 5 %. Ses exportations ont augmenté de 18% au cours de la crise, faisant de la Turquie l’un des pays de l'OCDE ayant eu les meilleures performances économiques durant cette période. Cette bonne santé économique se manifeste aussi dans sa politique économique extérieure qui lui permet d'être relativement épargnée par la crise mondiale, à la différence des pays européens.

Depuis 1998, la Turquie a initié une politique baptisée " Ouverture à l’Afrique ", visant à développer les liens économiques, politiques et culturels avec l'Afrique. Cette politique s'intègre dans la stratégie de puissance turque, aujourd’hui 17e économie mondiale. L’ouverture à l'Afrique, principalement mue par des intérêts économiques, répond aussi à des enjeux diplomatiques, Dans cette conception de la politique étrangère, les acteurs privés sont considérés comme partie prenante de l’expansion de la puissance turque en Afrique.

Dans cette e-note, nous développerons l’hypothèse qu’il existe une convergence de la diplomatie et des acteurs privés turcs correspondant aux intérêts réciproques de ces groupes d’acteurs dans la mise en place d’une dynamique d’action offensive concernant l’Afrique. Il semble qu’une communauté d’intérêts, notamment économiques, a poussé l’État turc à soutenir l’action d’acteurs privés, et les acteurs privés, en retour, à soutenir le rapprochement diplomatique turco-africain.

Nous examinerons les différentes facettes de cette ouverture protéiforme de la Turquie à l'Afrique par une mise en perspective historique de la définition de la politique étrangère de la Turquie et de son ouverture récente à l'Afrique. Sa forme actuelle sera abordée dans la seconde partie de notre article où nous examinerons les différents acteurs privés de cette ouverture ainsi que les relations qu’ils entretiennent avec l’État turc sur le terrain.

[Consultez le résumé de cette note en post de blog sur Afrique Décryptages [1]]