Publié le 15/06/2014

Claudia MAJOR, Christian MÖLLING

Les discours prononcés par plusieurs responsables politiques allemands à la Conférence de Munich sur la sécurité ont mis l’accent, début 2014, sur le fait que l’Allemagne doit être prête à un engagement international plus important, et sans exclure a priori les instruments militaires.

Si plusieurs éléments semblent indiquer une prise de conscience croissante de la nécessité d’une évolution, la nature des contributions – notamment en Afrique - montre le chemin qu’il reste à parcourir. Il persiste visiblement une contradiction fondamentale entre, d’une part, l’hypothèse du gouvernement selon laquelle l’Allemagne devra participer à des opérations internationales et, d’autre part, la limitation politique de ses contributions aux domaines de la formation, du conseil et de la logistique. Outre le soutien politique au plus haut niveau, le renforcement des responsabilités passe aussi par le soutien de l’opinion publique qui se montre encore peu enthousiaste à l’égard de ce qu’elle perçoit souvent comme du militarisme. De même, la politique d’exportation de défense allemande est tiraillée entre la volonté du gouvernement de soutenir l’industrie par les exportations et l’opinion négative de la population sur ces exportations.

Un changement va se produire en raison d’évolutions extérieures, en lien avec l’OTAN ou l’industrie de la défense, mais ces impulsions doivent être reprises par le débat national. Il reste à voir si la direction prise sera conforme à celle annoncée à Munich. À cela s’ajoute la crise en Ukraine, qui pourrait avoir un effet catalyseur, augmentant la visibilité et l’engagement de Berlin au sein de l’OTAN. Au travers de cette crise, l’Allemagne va être appelée à s’engager davantage.

 

Claudia Major est directrice adjointe du groupe de recherche « Politique de sécurité internationale » à la Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP). Christian Mölling est chercheur au sein du groupe de recherche « Politique de sécurité internationale » à la SWP.