01
juin
2015
Publications Notes de l'Ifri

China's Coming of Age on Climate Change. Just in time for Paris? Note de l'Ifri, juin 2015

La Conférence climat à Paris (COP21) ouvre la porte à un nouveau régime climatique post-2020 dans lequel la Chine et les autres grands émetteurs devront fournir des preuves solides des efforts domestiques réalisés pour lutter contre le réchauffement climatique.

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           La politique nationale chinoise reste cohérente dans son action pour atténuer la trajectoire des émissions du pays et limiter son impact sur le changement climatique. Un accent politique renforcé sur la protection environnementale, l’identification de technologies énergétiques propres qualifiées de « nouvelles industries stratégiques » et un effort pour restructurer l’économie du pays vers des secteurs moins énergivores, fournissent des perspectives favorables pour une baisse des émissions de CO2 d’ici 2030. C’est d’ailleurs l’objectif proposé par la Chine dans son accord sur le climat avec les États-Unis en novembre 2014, qui a également été l’occasion d’accepter de porter à 20% la part de sa production d’énergie issue de sources non fossiles d’ici 2030.

           Néanmoins, il existe des doutes concernant la volonté de la Chine à s’engager au-delà de ce qu’elle a déjà annoncé dans l’accord de novembre et sur le rôle qu’elle jouera finalement à Paris en décembre. D’un côté, les défis domestiques auxquels le pays reste confronté fournissent un degré élevé d’incertitude sur sa capacité à atteindre les engagements qu’il a déjà pris. Une forte volonté politique de lutter contre la pollution, par exemple, ne se traduit pas toujours par une baisse des émissions au niveau national. Par ailleurs, la campagne anti-corruption de la Chine pourrait permettre de faciliter des réformes fortes en renforçant le pouvoir central du gouvernement, ou paralyser la machine bureaucratique du pays et ainsi affaiblir l’élan de réformes, voire même mener à une instabilité politique à plus long terme. Chacun de ces scénarios aura un effet différent sur la capacité du pays à mettre en place une politique climatique. La position de la Chine est également rendue compliquée par une posture internationale unique entre un groupe de plus en plus diversifié de pays en développement et le besoin de maintenir un certain niveau d’entente et de coopération avec des économies plus avancées technologiquement comme l’Europe ou des rivaux stratégiques comme les États-Unis.

          L’accent porté par la Chine sur le développement d’industries globales compétitives à faible intensité de carbone et en pointe sur les technologies liées aux énergies propres montre que le pays a un intérêt à voir ses partenaires s’engager pendant la COP21 afin d’étendre le marché global pour ces technologies. Sur le long terme, la Chine pourrait être en position de dicter un nouvel agenda climatique basé sur les technologies vertes et nucléaires.

 

L'article est disponible en anglais.

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changement climatique COP21 Chine