Publié le 28/01/2021
Tulsa, Oklahoma, Etats-Unis, 20 juin 2020 : supporters de Trump

Soufian ALSABBAGH

Dans l’après-guerre, le Parti républicain a oscillé entre des politiques étrangères idéalistes voire néo-conservatrices, d’une part, et réalistes d’autre part. Avec l’élection de Donald Trump en 2016, le courant isolationniste, hérité de Monroe (1823), est revenu sur le devant de la scène. Pendant son mandat, le président populiste a privilégié une démarche néo-isolationniste fondée sur des conceptions nationalistes et sur un comportement unilatéraliste et non interventionniste, favorisant le court terme et le transactionnel. Elle se fait l’écho de son positionnement ultra-conservateur en politique intérieure.

Cette « doctrine Trump » a connu un moment de conceptualisation important lors de la Conférence sur le conservatisme nationaliste qui s’est tenue en juillet 2019 à Washington. Elle semble avoir largement conquis le Parti, au point de pouvoir être désormais considérée comme la norme, la nouvelle manière d’être « réaliste » en matière de relations étrangères. Si Donald Trump parvient à se représenter lors des élections présidentielles de 2024, il est probable qu’il renchérira en proposant une ligne isolationniste encore plus marquée. À défaut, la relève est prête, avec des profils qui affichent cette même ligne de façon plus ou moins sincère, tels que Josh Hawley, sénateur du Missouri, ou Tom Cotton, sénateur de l’Arkansas.

Ce néo-isolationnisme entre pourtant en contradiction avec l’hostilité désormais bipartisane à Washington envers la Chine. Comment lutter contre un nouvel ennemi systémique, tout en prônant un retrait des affaires du monde ? Si l’administration Biden poursuit une attitude de fermeté vis-à-vis de Pékin, les républicains pourraient saisir cette opportunité de sortir du trumpisme et de la polarisation en refaisant nation avec leurs opposants, comme au temps de la guerre froide contre l’Union soviétique.