Les mutations du renseignement militaire : dissiper le brouillard de la guerre ?
Le renseignement militaire a connu des évolutions majeures du fait de la technologie mais aussi des changements dans le caractère des opérations.
Au cœur du projet de « révolution dans les affaires militaires », il devait contribuer à dissiper définitivement le brouillard de la guerre et à rendre le champ de bataille transparent. Les deux dernières décennies d’opérations en ont pourtant démontré qu’il en allait autrement : face à des adversaires complexes étroitement mêlés à leur terrain, les armées ont dû évoluer vers la notion de « renseignement d’intérêt militaire », élargissant ainsi le spectre de leur mission. En France, cette transformation a soulevé de nouvelles questions quant à l’organisation mais aussi aux moyens attribués au renseignement dans les armées et au sein de l’appareil de défense. Face aux nombreux défis technologiques, liés autant à la collecte qu’à l’analyse, l’avenir du renseignement militaire dépend plus que jamais des ressources, humaines et financières, que les décideurs voudront bien lui attribuer.
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Les mutations du renseignement militaire : dissiper le brouillard de la guerre ?
Comment les changements de l’opinion publique ont-ils influencé ou contraint les choix de politique étrangère dans votre pays ? Le cas français
En France, la politique étrangère fait partie de ce que l’on appelle le « domaine réservé » du président de la République. Depuis qu’il est entré en fonction, Emmanuel Macron n’a – à notre connaissance – jamais reconnu une quelconque influence de l’opinion publique sur sa politique étrangère.
Faire face à l'arsenal russe hypervéloce : défis et solutions pour l'Europe.
Depuis février 2022, les frappes de missiles et de drones à longue portée russes contre l'Ukraine rappellent presque quotidiennement ce que les États européens pourraient affronter dans une guerre contre la Russie. Les mêmes systèmes d'armes qui frappent les infrastructures et les centres de population ukrainiens seraient dirigés contre des cibles militaires et civiles européennes dans toute confrontation entre la Russie et l'OTAN. À mesure que la production russe de missiles s'accélère et que son arsenal se diversifie, l'Europe doit se confronter à une question inconfortable : comment dissuader, et le cas échéant combattre, l'arsenal de frappe russe à longue portée ?
Identifier la menace terroriste avec lucidité et objectivité
Il y a 20 ans, en 2006, le gouvernement français a produit un Livre blanc sur la sécurité intérieure face au terrorisme. Un passage de ce document expliquait pourquoi la France rejetait le concept américain de « guerre globale contre le terrorisme », bien que des soldats français aient été déployés en Afghanistan dès 2001 au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. La raison principale était juridique : qui dit guerre, dit législation d’exception. Mais elle était aussi stratégique : dans la mesure où des ressortissants de pays occidentaux rejoignent des groupes djihadistes, reconnaître un état de guerre pourrait conduire sur la pente glissante vers la guerre civile.
Convaincre pour vaincre. La France et la structuration d’une doctrine de guerre informationnelle
La guerre n’est pas seulement une affaire de force : elle se joue aussi — peut-être d’abord — dans les esprits. Ce constat ancien prend une acuité inédite à l’ère de la lutte informationnelle, avec trois confrontations récentes qui ont imposé ce domaine comme priorité stratégique : au Moyen-Orient, en Afrique et face à la Russie.