Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

L'Égypte du général Sissi, entre réaction et aspirations révolutionnaires

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 83, n° 1, printemps 2018
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 1 printemps 2018
Accroche

L’élection présidentielle égyptienne du printemps 2018 aboutira selon toute vraisemblance au maintien au pouvoir d’Abdel Fattah Al-Sissi, l’opposition étant contrôlée de près. Pourtant, le bilan du chef de l’État est loin d’être bon. La situation sécuritaire de l’Égypte s’est dégradée, la pauvreté progresse et les libertés individuelles reculent. Les espoirs suscités par la révolution du 25 janvier 2011 ont cédé la place à de l’amertume, de la frustration et de la colère.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

Sept ans après la révolution du 25 janvier 2011, la situation égyptienne apparaît très contrastée. L’enthousiasme suscité par l’arrivée au pouvoir du général Sissi en juillet 2013 a fait place à une sorte de désenchantement généralisé. La « Sissimania » a fait long feu. En dépit de ses promesses, le président égyptien n’a pas réussi à améliorer les conditions de vie de la population. Au contraire, la situation économique et sociale n’a jamais été aussi mauvaise. Au niveau sécuritaire, la menace des groupes djihadistes, au départ confinée au nord du Sinaï, s’est progressivement étendue au reste du pays. Au cours de ces deux dernières années, Le Caire et Alexandrie ont été les théâtres réguliers d’attentats particulièrement meurtriers. La situation sécuritaire s’est également dégradée dans la zone frontalière avec la Libye.


Dans un tel contexte, la réaction autoritaire qu’incarne le régime de Sissi est d’autant moins tolérée que les Égyptiens sont éreintés par les réformes économiques. Les critiques sont légion, même dans les cercles habituellement favorables au pouvoir comme l’ont montré les candidatures de l’ancien chef d’État-major Sami Anan et du général Shafiq à l’élection présidentielle de 2018. Même si ce scrutin devrait voir, sans grande surprise, la réélection d’Abdel Fattah Al-Sissi – le régime ayant découragé les rivaux potentiels –, il n’en constitue pas moins un test. Incapables de faire entendre leurs voix, certaines forces politiques égyptiennes ont déjà annoncé leur intention de boycotter l’échéance électorale. Sans geste de bonne volonté de la part du pouvoir, ni amélioration réelle des conditions de vie, la contestation pourrait rapidement prendre de l’ampleur.


Des déséquilibres structurels persistants


La situation économique n’a cessé de se dégrader depuis 2015. Loin de corriger les inégalités, la politique de grands travaux du général Sissi n’a fait qu’accentuer les dysfonctionnements hérités de la période précédente. En cinq ans, les dépenses publiques ont été multipliées par deux, et la dette publique dépasse désormais les 95 % du PIB. Or ces dépenses ont surtout servi à financer les frais de fonctionnement d’un secteur étatique peu efficace et grevé d’une masse salariale pléthorique. Seule une part résiduelle a été consacrée à des investissements publics (10 % en 2015). La politique de grands projets, à l’image du complexe portuaire de Suez ou de la nouvelle capitale, a certes contribué à l’amélioration de la situation macro-économique de l’Égypte, en attirant les financements étrangers ; mais ceux-ci se sont surtout concentrés sur les infrastructures et un secteur des hydrocarbures dynamisé par la découverte d’importantes ressources gazières en Méditerranée et dans le delta du Nil. […]


PLAN

  • Des déséquilibres structurels persistants
  • Retour à l’ordre : que reste-t-il de « l’esprit du 25 Janvier » ?
  • À l’extérieur, un activisme tous azimuts


Chloé Berger, docteur en science politique de l’université Paris-2 Panthéon-Assas, est rattachée à la faculté du Moyen-Orient au Collège de Défense de l’OTAN à Rome.

Decoration

Contenu disponible en :

Thématiques et régions

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

L'Égypte du général Sissi, entre réaction et aspirations révolutionnaires

Decoration
Auteur(s)
Image principale

L’émancipation contrainte de la politique étrangère saoudienne

Date de publication
21 juin 2016
Accroche

Le retrait progressif des États-Unis du Moyen-Orient a profité à l’Iran. Cette situation n’est pas acceptable pour l’Arabie Saoudite qui s’affirme comme une puissance régionale de plus en plus active. Pour freiner l’expansion iranienne, Riyad n’hésite pas à s’impliquer militairement, que ce soit en Syrie ou au Yémen. L’affrontement saoudo-iranien ne doit pas être vu comme un choc entre sunnites et chiites : la politique étrangère saoudienne ne suit pas des considérations religieuses.

Louis BLIN
Image principale

L’Iran dans les crises du Moyen-Orient

Date de publication
21 juin 2016
Accroche

La politique régionale de l’Iran vise à la fois la préservation du régime et le renforcement de la sécurité d’un pays isolé. Dans un environnement qu’elle perçoit comme dégradé, la République islamique renforce ses défenses, et met en œuvre une stratégie asymétrique jouant de divers alliés dans les crises régionales, sans référence systématique à une logique chiite. L’accord nucléaire de 2015 et la crise syrienne pourraient inciter l’Iran à briser son relatif isolement régional.

Mohammad-Reza DJALILI
Image principale

Moyen-Orient : en attendant la nouvelle administration américaine

Date de publication
21 juin 2016
Accroche

Au-delà d’une histoire marquée par l’intervention des puissances, le Moyen-Orient est traversé aujourd’hui de conflits entrecroisant dimensions politiques, ethniques ou religieuses. Les États-Unis ne peuvent abdiquer leur leadership dans la région. La prochaine administration américaine devra donc se confronter au-delà de la question syrienne, à une multiplicité de problèmes, sans imaginer qu’ils pourraient se résoudre d’un coup, et redéfinir le réseau de ses partenariats dans la région.

John MCLAUGHLIN
Image principale

Océan Indien : le rapprochement stratégique indo-australien

Date de publication
22 septembre 2016
Accroche

En 2009, l’Inde et l’Australie ont signé une déclaration conjointe de sécurité. Depuis lors, les relations stratégiques entre ces deux États se développent. New Delhi et Canberra ont intérêt à éviter qu’un ordre régional dominé par la Chine ne s’instaure et que les relations entre Pékin et Washington ne s’enveniment. La coopération indo-australienne est néanmoins contrainte par plusieurs facteurs, dont le plus important a trait à une appréciation différente de la réponse à apporter à la menace chinoise.

Frédéric GRARE

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 1 printemps 2018
Chloé BERGER, « L'Égypte du général Sissi, entre réaction et aspirations révolutionnaires », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2018.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 1 printemps 2018

L'Égypte du général Sissi, entre réaction et aspirations révolutionnaires