Pologne/Allemagne : quelle coopération dans une Europe « à deux vitesses » ?
Les relations entre la Pologne et l’Allemagne, dégradées depuis octobre 2015, ont pris un nouveau départ au début de l’année 2017. Le pragmatisme d’Angela Merkel, et de nombreux contacts avec les dirigeants polonais, ont permis de renouer le dialogue. Toutefois, les différends persistent et affectent les relations entre les deux pays. En Pologne, la nomination d’un nouveau Premier ministre et le remaniement du gouvernement pourraient avoir pour objectif d’apaiser la situation.
Depuis 1990, les relations entre la Pologne et l’Allemagne ont été exceptionnelles. Les traités signés par les deux pays après la chute du mur de Berlin ont permis d’entamer un processus de réconciliation, et la construction de relations basées sur une « communauté d’intérêts ». Le Traité de bon voisinage et de coopération amicale du 17 juin 1991 a normalisé les relations, et initié un rapprochement important dans tous les domaines : économie, coopération culturelle et scientifique, partenariats entre villes et régions (environ 650) et échanges de jeunes. Cette politique a abouti à une forme d’européanisation des relations entre les deux pays. Ainsi l’Allemagne est-elle devenue un allié de premier plan pour la Pologne. Et le soutien allemand à son adhésion à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et à l’Union européenne (UE) a permis à la Pologne d’atteindre ses deux principaux objectifs de politique étrangère des années 1990. Une des conséquences de ce rapprochement a été l’accélération spectaculaire du développement économique de la Pologne, dont l’Allemagne est devenue le premier investisseur étranger et le premier partenaire commercial. La Pologne devenait, pour l’Allemagne, le pays d’Europe centrale le plus important.
L’anniversaire du Traité de bon voisinage marqué par les tensions
L’arrivée au pouvoir du gouvernement ultraconservateur du parti Droit et justice (PiS) en octobre 2015, juste avant le 25e anniversaire du Traité de bon voisinage et de coopération amicale, a provoqué des tensions entre Varsovie et Berlin. La politique étrangère menée par PiS s’est avérée dominée par un rejet de l’héritage des précédents gouvernements libéraux, notamment en ce qui concerne les relations avec l’Allemagne et l’UE. En rupture, le nouveau ministre des Affaires étrangères Witold Waszczykowski, dans son premier exposé de politique étrangère, mettait en avant l’alliance avec la Grande-Bretagne au détriment des relations avec l’Allemagne. La Grande-Bretagne et les États-Unis étaient désignés comme partenaires stratégiques. Par ailleurs, dans une nouvelle vision des alliances, le Triangle de Weimar était remplacé par le Groupe de Visegrad, et l’idée d’une coopération centre-européenne élargie autour de l’Initiative des Trois Mers, sous leadership polonais.
Les relations entre la Pologne et l’Allemagne s’inscrivent dans le contexte des défis auxquels est confrontée l’UE. La divergence principale concerne en effet la politique migratoire. Face au problème migratoire, il était primordial pour Angela Merkel de stabiliser et de renforcer l’UE. […]
PLAN
- L’anniversaire du Traité de bon voisinage marqué par les tensions
- Une réorientation en direction de l’Allemagne
- Une nouvelle dynamique bilatérale ? - Les désaccords persistent
- La question des réparations de la Seconde Guerre mondiale
Dorota Richard est docteur en science politique et relations internationales, et spécialiste de l’Europe centrale et orientale.
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Pologne/Allemagne : quelle coopération dans une Europe « à deux vitesses » ?
État islamique : l’autre menace
L’État islamique est aujourd’hui en recul en Irak et en Syrie. Il a cependant suscité l’adhésion de multiples branches et soutiens dans de nombreux pays. Inégaux dans leurs moyens, ces groupes représentent un nouveau défi dans un contexte international incertain, défi qui pourrait s’aggraver avec le recul de l’EI au Proche-Orient et le retour dans leurs pays des djihadistes. Les régions d’Asie du Sud et du Sud-Est pourraient être particulièrement concernées.
La Turquie, entre coup d’État et référendum
Le putsch de juillet 2016 a été un vrai traumatisme, mais aussi l’occasion pour le régime d’aggraver la répression interne, et de tenter de faire passer son projet de réforme constitutionnelle. Celui-ci instaure un président disposant de tous les pouvoirs, sans réel contrôle. La radicalisation de l’AKP a des conséquences politiques internes, mais aussi économiques et diplomatiques, en particulier quant à la posture du pays vis-à-vis de l’Union européenne.
Stabilité et croissance en zone euro : les leçons de l’expérience
La crise des dettes souveraines a agi comme un révélateur des déséquilibres et dysfonctionnements de la zone euro. Si la situation des pays de la périphérie a pu être stabilisée, les craintes se portent désormais sur les pays du centre qui – par la taille de leur économie – font peser un risque systémique sur toute l’Europe. Pour retrouver le chemin de la croissance, le nouveau gouvernement français doit réduire sérieusement les dépenses publiques et favoriser la compétitivité des entreprises.
Les politiques européennes et le futur de l’euro
Les causes de la crise économique et financière qui a touché la zone euro en 2008-2009 ont été mal analysées. En conséquence, les remèdes adoptés se sont révélés contre-productifs. Les déficits publics se sont creusés et les divergences entre pays du sud et du nord de l’Europe se sont accentuées. Pour relancer la croissance de manière durable dans l’Union européenne, une plus grande solidarité entre États membres s’impose et une stratégie d’investissements publics doit être élaborée.