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Arabie Saoudite : faux ami ou vrai ennemi ?

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Politique étrangère, vol. 82, n° 3, automne 2017
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Page couverture PE n° 3 2017
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Avec sa présence à Bahreïn, son intervention au Yémen, ses relations avec l’Iran, ou l’isolement du Qatar, l’Arabie Saoudite semble s’affirmer comme un État perturbateur, diplomatique et religieux, au Moyen-Orient. La diplomatie religieuse du wahhabisme joue un rôle central dans la stratégie de Riyad. Tout comme une stratégie de l’information, véritable dispositif d’influence, qui vise à orienter en sa faveur les opinions et les décideurs des grandes démocraties.

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En peu de temps, la question saoudienne a occupé la une de tous les grands médias, et a fait l’objet d’une attention accrue de plusieurs think tanks, gênés d’avoir tant détourné le regard du rôle religieux de la capitale mondiale du salafisme. À la lecture de certains sites et revues spécialisés, on reste en effet étonné d’une grille de lecture axée sur les actions de la diplomatie officielle de Riyad, sur les différends qui agitent la vaste famille royale pour savoir si un « jeune » pourrait venir perturber le congrès d’anciens qui préside à l’ordre de succession au trône, ou sur les pompeuses initiatives économiques lancées par le jeune roi pour transformer une Arabie Saoudite en crise (le plan « Vision à l’horizon 2025 »). Sur le rôle religieux de ce pays, rien…


L’Arabie Saoudite, État perturbateur ?


Certes, la brutale hubris guerrière du royaume, désignant l’Iran comme matrice du « terrorisme international », enlisé au Yémen, et maintenant engagé dans un blocus contre le Qatar, inquiète quelque peu les chancelleries occidentales. Mais pas au point qu’elles se demandent pourquoi les forces armées saoudiennes, qui ne manquent pas de moyens, en déploient tant contre le voisin du Sud (une centaine d’avions de combat) et pas du tout contre Daech. Mutisme en Europe, et soutien explicite à la Maison-Blanche. On cautérise à coup de lettres d’intention, ou de promesses de contrats : « 10 milliards de dollars » après le voyage de Manuel Valls en octobre 2015, ou beaucoup plus (« 380 milliards de dollars ») après le voyage de Donald Trump.


Et pourtant, aucun des commentateurs économiques ne s’interroge sur la façon dont le royaume, qui continue sa politique de bas prix du pétrole afin de tuer le gaz de schiste américain et le rival iranien, pourrait honorer de tels engagements. Riyad vient tout de même de lever 17,5 milliards de dollars d’emprunts obligataires – la plus grosse émission obligataire jamais réalisée par un État. Avec ces promesses, les dirigeants saoudiens achètent des anxiolytiques à crédit, c’est-à-dire les garanties de sécurité que sont censés leur offrir leurs fournisseurs.


Si les États occidentaux ne se montrent guère critiques à l’égard de l’Arabie Saoudite, les condamnations à l’encontre de l’aventurisme saoudien se multiplient, en revanche, dans les pays arabes et musulmans. Alger a refusé de rallier la coalition antiterroriste constituée par Riyad, considérant que la propagation du salafisme était largement responsable des dix années noires de la guerre civile. […]


PLAN

  • L’Arabie Saoudite, État perturbateur ?
  • Une diplomatie d’influence
  • Faire taire les critiques


Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire, est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Docteur Saoud et Mister Djihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie Saoudite, Paris, Robert Laffont, 2016.

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Arabie Saoudite : faux ami ou vrai ennemi ?

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Mexique : de la violence et autres démons

Date de publication
22 septembre 2016
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Le président Pena Nieto a souhaité pour le Mexique une lutte contre le narcotrafic moins spectaculaire, et des réformes économiques profondes. Mais quatre années après son arrivée au pouvoir, la violence et la corruption demeurent très largement répandues. L’économie du pays, frappée par la crise mondiale, reste fragile, et les réformes sociales ont été peu décisives. Quant au système politique, il est toujours miné par une partitocratie largement impuissante.

Ilan BIZBERG
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Colombie : la longue marche vers la paix ?

Date de publication
22 septembre 2016
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Le conflit qui oppose la guérilla des FARC à l’État colombien a fait 220 000 morts entre 1958 et 2012, date à laquelle des négociations de paix ont démarré à La Havane. Les forces armées colombiennes ont conduit une campagne de contre-insurrection efficace qui a fortement affaibli les FARC. En juin 2016, gouvernement et rebelles ont signé un accord historique. Le cessez-le-feu paraît néanmoins fragile et la paix reste à construire.

Guillaume LASCONJARIAS
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Argentine : qu’est-ce que le kirchnérisme ?

Date de publication
22 octobre 2026
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Nestor et Cristina Kirchner ont présidé l’Argentine de 2003 à 2015, durée exceptionnelle dans l’histoire politique du pays. Cette continuité permet-elle de définir un mouvement comme le kirchnérisme, qui a évolué en fonction de la conjoncture internationale et des recompositions des alliances politiques ? Si sa continuité politique demeure incertaine, on peut le caractériser par trois articulations principales qui révèlent la portée et les limites de ce projet politique.

Sébastien VELUT
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Les partis ethniques dans les Balkans occidentaux

Date de publication
21 décembre 2016
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Les partis ethniques occupent une place importante sur la scène politique des Balkans occidentaux. Ils ne représentent pas nécessairement un danger pour la démocratie si leurs dirigeants acceptent de respecter le fonctionnement des institutions en place. Toutefois, dans plusieurs pays, les leaders nationalistes jouent avec le feu. Ils font peser un doute sur la démocratisation et la stabilisation de la région, deux conditions indispensables à une hypothétique accession à l’Union européenne.

Thibault BOUTHERIN

Comment citer cette étude ?

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Page couverture PE n° 3 2017
Pierre CONESA, « Arabie Saoudite : faux ami ou vrai ennemi ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2017.
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Arabie Saoudite : faux ami ou vrai ennemi ?