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Le « commerce migratoire » euroméditerranéen

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Politique étrangère, vol. 81, n° 4, hiver 2016-2017
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Page couverture PE n° 4 2016
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Marseille a longtemps été une plaque tournante du commerce « à la valise ». Les échanges avec le Maghreb étaient particulièrement nombreux, du fait de la taille de la communauté algérienne dans le sud de la France et de l’importance du trabendo dans l’économie algérienne. Toutefois, depuis une vingtaine d’années, Istanbul tend à remplacer Marseille comme centre du « commerce migratoire ». Les flux commerciaux générés par les migrants ont désormais de nombreuses ramifications en Asie.

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En 2014, les pays européens signataires des accords de Schengen ont distribué près de 17 millions de visas à des étrangers. La Russie en est la principale bénéficiaire avec environ 6 millions de visas à elle toute seule, suivie par la Chine (1,8 million) et l’Ukraine (1,3 million). La Turquie est aussi un pays largement bénéficiaire avec plus de 800 000 visas. Les pays du « petit » Maghreb – Algérie (593 000), Maroc (434 000) et Tunisie (152 000) – représentent à eux trois 1,2 million de visas. Ajoutons qu’une dizaine des plus importants pays d’Afrique francophone rassemble près de 300 000 visas.


Ces chiffres appellent plusieurs commentaires. Ils incluent les migrations au sens conventionnel du terme, mobilités de longue durée ou d’exil, mais les visas de courte durée, à visée essentiellement touristique, dominent. Les chiffres des visas sont largement supérieurs à ceux des migrations proprement dites, y compris pour les pays qui ont une longue tradition migratoire vers l’Europe et que les porteurs d’opinion considèrent comme des pays à fort risque migratoire. C’est le cas notamment des pays du Maghreb et de l’Afrique francophone. Les visas délivrés au titre d’un séjour que l’on qualifiera de migratoire, s’évaluaient en France en 2014 à 209 792. Eurostat comptabilise pour la même époque 1,7 million de migrants arrivés en Europe depuis les pays tiers (hors zone Schengen). Dans ce même espace Schengen, les demandeurs d’asile, si présents dans les médias et les discours politiques, ne sont qu’un million, bien plus présents donc dans l’imaginaire et les discours que dans la réalité des rencontres possibles.


Une fois admis qu’une infime partie de ceux qui entrent légalement dans un pays européen y viennent avec un projet migratoire, une fois admis qu’une partie de ces visiteurs sont des touristes au sens le plus classique du terme, amateurs de monuments et de paysages, y compris lorsqu’ils viennent de mondes sociaux avec lesquels on associe difficilement des pratiques touristiques, quelles autres activités recouvrent ces mobilités et surtout dans quelle économie, quelle structure d’échange viennent-elles prendre place ?


Depuis les travaux pionniers initiés par Alain Tarrius dans les années 1980, une poignée de chercheurs, en marge du consensus sur la question migratoire, ont décrit des mobilités qui ne sont ni migratoires ni touristiques, à l’intérieur d’un vaste périmètre euroméditerranéen. […]


PLAN

  • Des « industries » de la migration ?
  • Routes et archipels commerciaux
  • Istanbul, centre du « commerce migratoire »


Michel Peraldi, anthropologue, est directeur de recherche au CNRS (IRIS, EHESS). Il a récemment publié (en collaboration avec Claire Duport et Michel Samson), Sociologie de Marseille, Paris, La Découverte, 2015.

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Le « commerce migratoire » euroméditerranéen

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Migrations en Méditerranée : la crise de l’asile

Date de publication
21 décembre 2016
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La croissance économique des Trente Glorieuses, le choc pétrolier de 1973 et la guerre du Golfe de 1991 ont eu un impact très fort sur les migrations dans le bassin méditerranéen. Dans les années 1990 et 2000, l’immigration irrégulière vers l’Europe s’est développée. Les dispositifs de contrôle des flux migratoires conçus à cette époque se révèlent totalement inadaptés à la situation post-révolutions arabes. L’Europe fait désormais face à une triple crise : économique, des réfugiés et de l’asile.

Thibaut JAULIN
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Les politiques méditerranéennes de l’Europe : trente ans d’occasions manquées

Date de publication
21 décembre 2016
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L’Union européenne tente depuis plus de trois décennies de définir une stratégie méditerranéenne. Mais ni le processus de Barcelone, ni la Politique européenne de voisinage, ni l’Union pour la Méditerranée n’ont pu créer une communauté méditerranéenne pour le développement ou la sécurité. Les perspectives actuelles sont peu encourageantes, même si la situation dans nombre de pays de la rive sud, et les conflits du Levant ou du Sahel, rendent une telle stratégie encore plus pressante.

Jean-François DAGUZAN
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L’Office of Net Assessment : plongée au cœur du think tank du Pentagone

Date de publication
20 mars 2017
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La prospective de défense américaine s’est développée depuis plus de quarante ans autour d’une structure originale : l’Office of Net Assessment (ONA). Ce bureau, dirigé jusqu’en 2015 par Andrew Marshall, n’a compté depuis sa création qu’une centaine de collaborateurs directs. Il a toutefois contribué à alimenter tout un écosystème de recherche stratégique. Ses analyses, fondées sur la méthode pluridisciplinaire du Net Assessment, ont eu un impact important, parfois bien au-delà des États-Unis.

Grégory BOUTHERIN
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Arctique : le passage du Nord-Ouest sous tension

Date de publication
20 mars 2017
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Avec la fonte de la banquise arctique s’est développé un discours médiatique et scientifique sur l’intérêt stratégique du passage du Nord-Ouest. La question du statut des eaux du passage du Nord-Ouest pose celle de l’inclusion ou non de ce détroit dans l’espace maritime souverain du Canada. Les relations entre États demeurent cordiales sur le sujet, et il n’y a pas de litige fort entre le Canada et d’autres pays à propos de la souveraineté sur cette route arctique.

Frédéric LASSERRE

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Page couverture PE n° 4 2016
Michel PERALDI, « Le « commerce migratoire » euroméditerranéen », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2016.
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Le « commerce migratoire » euroméditerranéen