Géopolitique de l'Intelligence artificielle : le retour des empires ?
L’Intelligence artificielle progresse rapidement et devient un véritable outil de puissance. Ceci vaut autant pour le hard power(applications militaires) que pour le soft power(impact économique, influence politique et culturelle, etc.). Les États-Unis et la Chine dominent le marché et imposent leur pouvoir. L’Europe est à la traîne et cherche à réagir en émettant de nouvelles règlementations. Quant à l’Afrique, elle est devenue un terrain d’affrontement pour les « empires digitaux ».
« Celui qui deviendra leader en ce domaine sera le maître du monde » déclarait Vladimir Poutine à propos de l’Intelligence artificielle (IA) en septembre 2017 devant un parterre d’écoliers russes et de journalistes. Trois jours plus tard, Elon Musk, fondateur de SpaceX et Tesla, renchérissait : « La lutte entre nations pour la supériorité en matière d’IA causera probablement la troisième guerre mondiale. »
Les progrès très rapides de l’IA en font un outil puissant sur les plans économique, politique et militaire. Imbriquée dans la révolution numérique, l’IA contribuera à déterminer l’ordre international des décennies à venir, accentuant et accélérant les dynamiques d’un cycle ancien où technologie et pouvoir se renforcent mutuellement. Elle transformera certains axiomes de la géopolitique au travers de nouvelles relations entre territoires, dimensions spatio-temporelles et immatérialité.
Les empires digitaux américain et chinois domineront probablement la géopolitique internationale dans les années à venir. Si l’Europe veut reconstruire sa souveraineté numérique, elle devra redoubler d’efforts et d’investissements. Autrement, elle devra se contenter d’alliances stratégiques synonymes de « cyber-vassalisation ». L’Afrique, quant à elle, s’annonce déjà comme un grand terrain d’affrontement, clairement menacé de « cyber-colonisation ».
Qu’est-ce que l’Intelligence artificielle ?
L’IA n’a pas de définition universellement admise. Bien qu’elle soit fermement ancrée dans le domaine informatique et qu’elle ait été consubstantielle à son essor depuis les années 1940, elle renvoie aujourd’hui à un large éventail de disciplines, de technologies et de méthodes. Co-auteur du manuel de référence Intelligence artificielle : une approche moderne, Stuart Russell, professeur à Berkeley, définit l’IA comme « l’étude des méthodes permettant aux ordinateurs de se comporter intelligemment ». Pour lui, l’IA englobe des tâches telles que l’apprentissage, le raisonnement, la planification, la perception, la compréhension du langage et la robotique.
PLAN
- Qu’est-ce que l’Intelligence artificielle ?
- L’IA et le retour des empires
- La convergence entre big data, puissance de calcul et machine learning
- Le triptyque plate-forme, data, média
- Convergence des effets de réseaux, des économies d’échelle et du winner takes most
- Peut-on parler de cyber-colonialisme ?
- Un enjeu de souveraineté bien identifié par les gouvernements
- Un duopole américano-chinois
- L’Europe, championne de l’éthique ?
- L’Afrique : le grand champ de bataille ?
Nicolas Miailhe est président de The Future Society, un think-and-do tank incubé à la Harvard Kennedy School of Government et spécialisé dans la gouvernance des technologies émergentes.
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Géopolitique de l'Intelligence artificielle : le retour des empires ?
Les partis ethniques dans les Balkans occidentaux
Les partis ethniques occupent une place importante sur la scène politique des Balkans occidentaux. Ils ne représentent pas nécessairement un danger pour la démocratie si leurs dirigeants acceptent de respecter le fonctionnement des institutions en place. Toutefois, dans plusieurs pays, les leaders nationalistes jouent avec le feu. Ils font peser un doute sur la démocratisation et la stabilisation de la région, deux conditions indispensables à une hypothétique accession à l’Union européenne.
Sommet de l’OTAN à Varsovie : un bilan
En juillet 2016 à Varsovie, les alliés ont décidé le renforcement du flanc oriental de l’OTAN. Pour l’Alliance, cette mesure a trois implications : elle montre son unité et sa solidarité, la nécessité de faire face à la relation conflictuelle avec la Russie, enfin l’échec partiel de ses politiques de partenariat. Une question a cependant été éludée lors de ce sommet : la crédibilité du modèle porté par l’Alliance à la lumière de la dérive illibérale de plusieurs de ses membres.
Obama ou le retour de la Realpolitik
Pour Barack Obama, l’heure du bilan a sonné. En matière de politique étrangère, deux axes se dégagent de son double mandat : d’une part, une volonté de désengagement du Moyen-Orient contrariée par l’émergence de Daech, et d’autre part un « pivot » vers l’Asie ayant notamment pour but de freiner la montée en puissance de la Chine. D’une manière générale, Obama a fait preuve de retenue sur la scène internationale, préférant concentrer ses efforts sur le nation building at home.
Le salut par les armes ? Défense européenne et relance de l’Union
L’Europe se trouve aujourd’hui confrontée à un environnement géostratégique complexe au cœur duquel émerge, sous l’effet d’un terrorisme renouvelé, un véritable continuum entre les problématiques de sécurité et de défense. Face à ce constat inquiétant, la tentation du repli national est particulièrement vive. La mise en œuvre d’une sécurité collective est pourtant plus que jamais nécessaire, et elle doit s’appuyer, pour réussir, sur des solutions pragmatiques.