L'après-Oslo : paix avortée ou guerre annoncée ?
Politique étrangère, n° 3, automne 2002
Les aléas du processus de paix israélo-palestinien ont maintenant fait place à une guerre non conventionnelle bien réelle: ce revirement s'explique par une radicalisation politique d'Israël (nationalisme d'Ariel Sharon et lutte contre le terrorisme encore légitimée par le 11 septembre) et par la perte de crédit international de Yasser Arafat(attentats-suicides et délitement de l'Autorité palestinienne. Ce dernier doit encore, pour répondre aux nouvelles exigences des Etats-Unis, se couper d'une opinion publique convaincue que la guerre d'usure est le seul recours contre l'occupation, et engager une démocratisation du régime palestinien, condition posée comme préalable sine qua non à la reprise des négociations de paix. Au-delà de cet enlisement meurtrier du conflit, l'impasse actuelle menace en fait la stabilité à venir de toute la région et ne laisse pour l'instant entrevoir aucune amélioration.
May Chartouni-Dubarry est chercheur à l'Ifri (Méditerranée, Moyen-Orient).
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