Adapter l’Alliance au nouvel environnement géostratégique
Le sommet de Varsovie a complété les décisions prises lors du sommet du pays de Galles, pour accroître la réactivité de l’Alliance et son adaptation au contexte stratégique. Défense collective, gestion des crises et sécurité coopérative doivent s’appuyer sur un renforcement des moyens budgétaires des États membres, sur le développement de nouvelles capacités, en matière de renseignement, de reconnaisance et de cyber défense, et sur une coopération renouvelée entre l’OTAN et l’Union européenne.
Les sommets des chefs d’État et de gouvernement de l’alliance Atlantique balisent le destin de l’Alliance au rythme des évolutions géostratégiques, des crises et des événements majeurs qui affectent la zone euro-atlantique. À ce titre, le sommet de l’OTAN qui s’est déroulé à Varsovie les 8 et 9 juillet 2016 s’est inscrit dans la continuité du précédent tenu au pays de Galles début septembre 2014. Ce dernier s’était tenu sur fond de crise en Ukraine, de détérioration de la situation en Irak et en Syrie, marquée par la montée en puissance de Daech, et de transition de la mission de combat de l’OTAN en Afghanistan vers une mission de soutien et de formation des forces afghanes. Si la solidarité des Alliés était de mise au pays de Galles, le grand écart de l’Alliance face aux tensions orientales et à la montée en puissance de la crise au Sud y était déjà bien perceptible.
Du sommet du pays de Galles au sommet de Varsovie
Dans ce contexte, fut en particulier décidée la mise en œuvre d’un plan destiné à accroître la réactivité de l’Alliance (RAP). Ainsi, depuis deux ans, un ensemble de mesures défensives, dites « de réassurance », ont été mises en place, permettant d’établir une présence continue et dynamique, par rotation de forces de l’OTAN, auprès des Alliés orientaux. Sur le long terme, des mesures dites « d’adaptation » ont permis de renforcer sensiblement la NRF avec, en particulier, la mise sur pied d’une force à Très haute réactivité (VJTF), animée par sept pays-cadre, et prête depuis 2015 à se déployer sous deux à trois jours. De plus, huit unités multinationales ont été positionnées sur le territoire des Alliés orientaux pour faciliter le déploiement des forces de l’OTAN, ainsi que deux quartiers généraux, en Pologne et en Roumanie.
À Varsovie, il a été décidé de compléter ce dispositif en établissant, à compter de 2017, une présence avancée en Estonie, Lettonie, Lituanie et Pologne, sous forme de groupements tactiques multinationaux limités (de niveau bataillon). Cette nouvelle posture, qui se veut préventive et dissuasive, est clairement le fruit d’un compromis face à l’attitude de la Russie, entre partisans de la démonstration de force et pays soucieux de ne pas offrir à Vladimir Poutine l’occasion de présenter l’OTAN comme l’agresseur – ce dont il ne se prive d’ailleurs pas. Le compromis trouvé au pays de Galles et confirmé à Varsovie permet également à l’Alliance de conserver la souplesse d’emploi nécessaire pour prendre en compte l’évolution de la situation au Sud, et maintenir sa capacité d’engagement « hors zone » – aujourd’hui essentiellement en Afghanistan. […]
PLAN
- Du sommet du pays de Galles au sommet de Varsovie
- De nouvelles capacités : antimissiles et anticyber
- Le développement des relations OTAN/UE
Jean-Paul Paloméros, général d’armée aérienne, a été Chef d’état-major de l’armée de l’Air puis Commandant suprême de l’OTAN pour la Transformation. Il est le président-fondateur de Palomeros Consulting.
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