Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Diplomatie des armes autonomes : les débats de Genève

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 81, n° 3, automne 2016
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 3 2016
Accroche

Les systèmes d’armes létaux autonomes (SALA) n’existent pas encore mais pourraient bien transformer la manière dont les guerres seront menées demain. Depuis 2014, l’Organisation des Nations unies (ONU) a entamé une réflexion sur ces armes d’un genre nouveau, dont certains États voudraient interdire le développement. Si une telle interdiction paraît peu vraisemblable, on devrait néanmoins voir apparaître un code de « bonnes pratiques » encadrant leur utilisation.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

En 2014 s’est tenue la première réunion informelle d’experts sur les systèmes d’armes létaux autonomes (SALA) à la Convention sur certaines armes classiques (CCAC) de l’ONU à Genève, à l’initiative et sous la présidence de la France. La troisième édition a eu lieu du 11 au 15 avril 2016. Sous présidence allemande pour la deuxième année consécutive, elle a permis de confirmer l’intérêt croissant des États et des sociétés civiles pour le sujet : 95 États ont participé aux débats, ainsi que plusieurs institutions onusiennes, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de nombreuses ONG du monde entier et 34 experts internationaux (contre 90 États et 30 experts en avril 2015, et 87 États et 18 experts en mai 2014).


Pour la première fois, les États ont adopté par consensus des recommandations générales, en vue de la Conférence d’examen de décembre. L’une d’entre elles a trait à la création d’un groupe gouvernemental d’experts (GGE) à partir de 2017, concrétisant le passage des réunions informelles (2014-2016) à un processus formel.


Les progrès réalisés cette année résultent de la volonté d’aboutir à un dénouement après trois ans de réunions, et de l’impatience non dissimulée de la société civile et de plusieurs États. D’emblée, les ONG hostiles aux SALA ont fait comprendre qu’elles n’étaient plus dupes de la stratégie attentiste de certains États, plus préoccupés de maintenir le plus longtemps possible le sujet à la CCAC, où ils peuvent exercer un certain contrôle puisque les décisions y sont approuvées par consensus, que de faire réellement avancer la discussion. L’une des interventions de Human Rights Watch (HRW), qui a dénoncé « cinq idées fausses utilisées pour ralentir le processus », a de ce point de vue été très claire.


Face à la Chine par exemple, qui posait qu’« il faut d’abord savoir ce que signifie l’autonomie » avant de pouvoir discuter des SALA, la volonté s’est répandue d’avancer avant d’avoir réglé tous les problèmes conceptuels. La remarque du Canada, qui estimait qu’il n’était « pas utile de débattre de la signification de l’autonomie de façon décontextualisée », a bien résumé le souhait de nombreux États de passer à quelque chose de « plus concret ».
 

Cette rencontre a confirmé que les thèmes les plus discutés demeurent inchangés depuis trois ans : il s’agit de la définition, du contrôle humain, de la responsabilité et du contrôle de licéité. […]


PLAN

  • De quoi parle-t-on ?
  • Quel degré d’implication humaine ?
  • Les SALA respecteront-ils le droit de la guerre ?
  • Les SALA seront-ils « sécuritaires » ?
  • Vers un code de « bonnes pratiques »


Jean-Baptiste Jeangène Vilmer est directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM). Précédemment chargé de mission au Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère des Affaires étrangères, il a fait partie de la délégation française à la réunion d’experts sur les systèmes d’armes létaux autonomes à l’ONU en 2014, 2015 et 2016.

Decoration

Contenu disponible en :

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

Diplomatie des armes autonomes : les débats de Genève

Decoration
Auteur(s)
Image principale

L’Iran renoncera-t-il à l’arme nucléaire ?

Accroche

En juillet 2015 a été conclu un accord sur le programme nucléaire iranien. Les restrictions imposées à Téhéran sont cependant en deçà des objectifs fixés par le Conseil de sécurité. Nombre d’analystes doutent de la sincérité des dirigeants iraniens et pensent que le temps joue en faveur de l’Iran. L’évolution des équilibres stratégiques au Moyen-Orient, de possibles changements à la tête du régime iranien et la détermination de la communauté internationale pèseront sur l’avenir de ce programme.

Simond de GALBERT
Image principale

Lutte antiterroriste : comment s’adapte le Japon ?

Date de publication
22 septembre 2016
Accroche

Le Japon a subi plusieurs attentats sur son sol, notamment en 1995 avec l’attaque au sarin dans le métro de Tokyo. Plus récemment, deux ressortissants japonais ont été exécutés par l’État islamique en Syrie. Pour faire face à l’évolution de la menace, le dispositif antiterroriste japonais a été fortement renforcé. Le sommet du G7 d’Ise-Shima, en mai 2016, s’est déroulé sans incident. Le défi sécuritaire sera d’une autre ampleur en 2020 pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Jean-François HEIMBURGER
Image principale

Le Hamas et les djihadistes à Gaza : contrôle impossible, trêve improbable

Date de publication
22 septembre 2016
Accroche

Le Hamas est parvenu au pouvoir dans la bande de Gaza en 2007, à la suite d’un coup de force. Il a alors dû rétablir l’ordre et s’imposer face à d’autres groupes armés. Ses relations avec les cellules djihadistes – liées à Al-Qaïda ou à l’État islamique – ont oscillé jusqu’à aujourd’hui entre tolérance et répression. Parmi les facteurs qui influent sur la position du Hamas à l’égard des djihadistes, la politique du gouvernement en place au Caire joue un rôle déterminant.

Leïla SEURAT
Image principale

Panama : un État fragile en quête de statut international

Date de publication
22 septembre 2016
Accroche

Le Panama est un petit pays d’Amérique centrale, surtout connu pour son canal et, depuis l’affaire des Panama Papers, son système d’évasion fiscale. Cet État a longtemps vécu sous la tutelle des États-Unis et cherche depuis les années 1990 à affirmer son indépendance et sa souveraineté. Pour ce faire, il mise notamment sur son intégration, non seulement dans les circuits économiques et financiers internationaux, mais aussi dans les grandes instances multilatérales.

Kevin PARTHENAY

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 3 2016
Jean-Baptiste JEANGENE VILMER, « Diplomatie des armes autonomes : les débats de Genève », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2016.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 3 2016

Diplomatie des armes autonomes : les débats de Genève