Les partis ethniques dans les Balkans occidentaux
Les partis ethniques occupent une place importante sur la scène politique des Balkans occidentaux. Ils ne représentent pas nécessairement un danger pour la démocratie si leurs dirigeants acceptent de respecter le fonctionnement des institutions en place. Toutefois, dans plusieurs pays, les leaders nationalistes jouent avec le feu. Ils font peser un doute sur la démocratisation et la stabilisation de la région, deux conditions indispensables à une hypothétique accession à l’Union européenne.
Après une décennie de conflits dévastateurs, les pays des Balkans occidentaux semblent aujourd’hui avoir trouvé un certain apaisement, et se sont engagés vers l’intégration européenne et atlantique. Tous ont vu confirmée leur vocation à rejoindre l’Union européenne (UE), au prix d’importants efforts de stabilisation démocratique. Pourtant, la réalité de ces États laisse encore quelque doute quant à la solidité de ce processus. Les questions nationales, causes des embrasements que la région a connus de 1991 à 2001, sont restées des lignes de fracture, et demeurent des marqueurs déterminants sur la scène politique intérieure et régionale.
Ces revendications nationales ont été portées par des partis nationalistes à vocation « hégémonique » aspirant à constituer des États nationaux, ou par des partis représentant une minorité et promouvant soit son insertion dans l’État et la reconnaissance de ses droits, soit, et parfois concomitamment, son rattachement à un État voisin érigé en foyer national.
L’influence de ces formations politiques demeure importante, sinon incontournable. C’est le cas des partis serbes (SDSS et SNS) ou hongrois (DZMH) de Croatie, de la Ligue démocratique des Croates de Voïvodine et de l’Alliance nationale croate en Serbie, du Parti grec d’Albanie (PBDNJ), des partis bosniaque, albanais (UDSH, FORCA, etc.), croate (HGI) ou serbe (NSP et NSD) du Monténégro, etc. En Macédoine, les partis albanais (BDI et PDSH) peuvent décider du sort des gouvernements. Dans l’opposition, ils ont une capacité de blocage majeure, comme l’ont prouvé les crises politiques successives intervenues depuis l’accord-cadre d’Ohrid en 2001, et particulièrement intenses depuis un an. Au Kosovo et en Bosnie-Herzégovine, la séparation des différents groupes nationaux est institutionnalisée (ou en train de l’être), avec une traduction directe dans leur représentation partisane et parlementaire, et un impact considérable sur la viabilité même des États ainsi définis.
Ces partis dits « ethniques » occupent donc une place prépondérante. Ils influencent la stabilité des États et leur capacité à se réformer, et de leur évolution peut dépendre la « vocation européenne » des États des Balkans occidentaux.
L’identité, sujet politique majeur dans les Balkans
Les questions nationales, qui ont animé les Balkans tout au long du XXe siècle, ont connu un essor dramatique avec les conflits de 1991-1995, 1999 et 2001. La réactivation politique des questions identitaires après la chute du Mur de Berlin a conduit à l’implosion de la deuxième Yougoslavie – appellation donnée à la République fédérative socialiste de Yougoslavie – communiste – qui a vécu entre 1945 et 1992. […]
PLAN
- L’identité, sujet politique majeur dans les Balkans
- Des acteurs de l’intégration démocratique des minorités
- Les partis ethniques, facteurs de stabilité régionale ?
Thibault Boutherin, diplômé de Sciences Po et du collège d’Europe, ancien élève de l’Inalco, est responsable des affaires publiques et de la communication pour une fédération industrielle.
Contenu disponible en :
Thématiques et régions
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Les partis ethniques dans les Balkans occidentaux
Sommet de l’OTAN à Varsovie : un bilan
En juillet 2016 à Varsovie, les alliés ont décidé le renforcement du flanc oriental de l’OTAN. Pour l’Alliance, cette mesure a trois implications : elle montre son unité et sa solidarité, la nécessité de faire face à la relation conflictuelle avec la Russie, enfin l’échec partiel de ses politiques de partenariat. Une question a cependant été éludée lors de ce sommet : la crédibilité du modèle porté par l’Alliance à la lumière de la dérive illibérale de plusieurs de ses membres.
Obama ou le retour de la Realpolitik
Pour Barack Obama, l’heure du bilan a sonné. En matière de politique étrangère, deux axes se dégagent de son double mandat : d’une part, une volonté de désengagement du Moyen-Orient contrariée par l’émergence de Daech, et d’autre part un « pivot » vers l’Asie ayant notamment pour but de freiner la montée en puissance de la Chine. D’une manière générale, Obama a fait preuve de retenue sur la scène internationale, préférant concentrer ses efforts sur le nation building at home.
Le salut par les armes ? Défense européenne et relance de l’Union
L’Europe se trouve aujourd’hui confrontée à un environnement géostratégique complexe au cœur duquel émerge, sous l’effet d’un terrorisme renouvelé, un véritable continuum entre les problématiques de sécurité et de défense. Face à ce constat inquiétant, la tentation du repli national est particulièrement vive. La mise en œuvre d’une sécurité collective est pourtant plus que jamais nécessaire, et elle doit s’appuyer, pour réussir, sur des solutions pragmatiques.
Adapter l’Alliance au nouvel environnement géostratégique
Le sommet de Varsovie a complété les décisions prises lors du sommet du pays de Galles, pour accroître la réactivité de l’Alliance et son adaptation au contexte stratégique. Défense collective, gestion des crises et sécurité coopérative doivent s’appuyer sur un renforcement des moyens budgétaires des États membres, sur le développement de nouvelles capacités, en matière de renseignement, de reconnaisance et de cyber défense, et sur une coopération renouvelée entre l’OTAN et l’Union européenne.