Donald Trump contre les États fédérés : le cas de New York
Si les politiques disruptives de l’administration Trump 2 se déploient au niveau fédéral et sur la scène internationale, elles se font également sentir dans les États fédérés et les grandes villes du pays. Au printemps 2025, plusieurs affaires concernant l’État et la ville de New York démontrent ainsi que les attaques du camp présidentiel contre la protection de l’environnement, la séparation des pouvoirs, la liberté d’expression, etc., sont également engagées au niveau local.
L’implication du président dans ces affaires new-yorkaises tient sans doute au fait qu’il s’agit de sa ville natale, avec laquelle il entretient des relations ambigües : la Trump Tower, qui s’élève sur la 5e avenue depuis 1983, témoigne certes de son succès en affaires, mais D. Trump a souvent dénoncé la condescendance des élites de Manhattan envers lui, un natif du Queens.
Une remise en cause des contre-pouvoirs locaux
Ces affaires ravivent surtout, dans le contexte politique inédit de 2025, la question ancienne de l’équilibre des pouvoirs entre les États fédérés et le gouvernement de Washington. La Constitution peut être interprétée de manière contradictoire sur ce point : le dixième amendement établit que les compétences non explicitement accordées au gouvernement fédéral et non explicitement interdites aux États sont du ressort de ces derniers (ce qui rappelle la règle de répartition des compétences dans l’Union européenne). Cependant, la section 8 de l’article 1 de la Constitution, dite « clause du commerce », donne au Congrès le pouvoir de réguler les échanges commerciaux entre les États et a servi au cours du temps à accroitre les pouvoirs du gouvernement fédéral sur les États.
À l’époque moderne, et notamment avec le mouvement du New Federalism dans les années 1980-1990, ce sont les Républicains qui ont été du côté des États, cherchant à revenir sur l’extension du pouvoir central. Or, au travers des attaques lancées dans l’État et dans la ville de New York (et dans d’autres États et villes) depuis son investiture le 20 janvier dernier, Trump semble renverser cette tradition.
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