06
juil
2018
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Barbara KUNZ, interviewée par Arthur Dufau pour La Croix (avec AFP)

La coalition allemande s’accorde sur l’immigration

L’accord politique sur l’immigration conclu lundi 2 juillet entre Angela Merkel (CDU) et son ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer (CSU), était suspendu depuis plusieurs jours à l’approbation des sociaux-démocrates du SPD.

La Croix

Le durcissement de la politique d’accueil des migrants en Allemagne a été adopté jeudi 5 juillet lors d’une réunion au sommet à Berlin. À l’issue de discussions entre les trois partis de la coalition, le SPD s’est rallié au compromis sur les migrants conclu en début de semaine. Le vote a été approuvé à 66,02 % par le parti.

Compromis entre conservateurs et sociaux-démocrates

L’aile gauche de la coalition avait rejeté le concept de « centre de transit ». L’idée, déjà proposée fin 2015 par la CSU et déjà rejetée par le SPD, est approuvée dans une moindre mesure.

Le ministre de l’Intérieur conservateur bavarois Horst Seehofer a indiqué que des « centres de transfert » seront aménagés dans les postes de police existants, « où il n’y a pas de barbelés ou équivalent ». Le ministre de l’intérieur a précisé que les 2 à 5 migrants illégaux concernés chaque jour seraient retenus durant 48 heures au maximum avant de retrouver leurs libertés en dehors de l’Allemagne.

Une crise gouvernementale qui risque de se reproduire

Outre le risque d’un rejet de l’accord politique, la réunion des trois partis du gouvernement a fait planer la menace d’un échec prématuré de la coalition allemande mise en place avec peine le 14 mars dernier. Cet échec aurait pu conduire à de nouvelles élections, moins de quatre mois après la formation du gouvernement.

  • Comme le note la chercheuse au Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) de l’Ifri, Barbara Kunz, cette crise gouvernementale est « la plus grave depuis la mise en place de la coalition ». Angela Merkel, qui avait développé une politique migratoire généreuse, doit désormais parvenir à « concilier les volontés, parfois contradictoires, de son parti avec celles de la CSU », parti-frère bavarois de la CDU, et à plus forte raison avec celles du SPD.

Pour autant, Angela Merkel a réussi jusqu’à présent à trouver des compromis permettant d’établir des accords entre les conservateurs de Horst Seehofer et les sociaux-démocrates d’Andrea Nahles.

  • La chancelière allemande affiche une « volonté de continuer avec cette formation politique » précise-t-elle. En revanche, la possibilité qu’elle se sépare de son ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, n’est pas exclue, tant il « continue de la provoquer sur le sujet des migrants que sur la position de Berlin concernant le Brexit », qu’il juge trop rigide.

 

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