Qui est Elif Eralp, figure de la gauche radicale arrivée en tête des élections à la mairie de Berlin ?
Elif Eralp, 45 ans, pourrait devenir la première maire de gauche radicale de Berlin après s'être hissée en tête des votes ce dimanche avec 25% des suffrages, devançant les chrétiens-démocrates qui dirigeaient la capitale allemande depuis 2023. Cette juriste, fille de demandeurs d'asile arrivés de Turquie, doit maintenant constituer une coalition à gauche pour obtenir une majorité de sièges.
Réunis dans une salle de spectacle du cosmopolite quartier du Kreuzberg à l'est de Berlin, les militants de Die Linke exultent. Les premiers résultats communiqués en début de soirée ce dimanche 21 septembre donnent le parti de gauche radicale, habitué à jouer les supplétifs des socio-démocrates (SPD), en tête du scrutin.
Die Linke a enregistré 25,65% des suffrages, devançant les chrétiens-démocrates de la CDU (18,77%) qui gouvernaient la capitale allemande en coalition avec le SPD, qui réalise, lui, un faible résultat (12,11%). Le parti d'extrême droite AfD a obtenu 16,26%. Enfin, les Verts obtiennent 14,29%.
Après avoir sauté dans les bras des autres responsables de la campagne, Elif Eralp, la tête de liste, a pris le micro.
"À partir d’aujourd’hui, nous allons transformer ensemble notre Berlin et en faire un endroit meilleur", a-t-elle promis, estimant que les électeurs témoignaient ainsi de "l’espoir d’un Berlin meilleur et abordable, où chacun puisse vivre dans la dignité."
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Une personnalité à rebours des habituels leaders de Die Linke
La victoire d'Elif Eralp couronne une stratégie d'adaptation de Die Linke à la sociologie de la capitale berlinoise. "C'est la première fois qu'ils optent pour une personnalité native de l'Ouest quand la plupart des têtes de listes du parti sont natives de RDA ou des anciens Land d'Allemagne de l'Est", soulève Paul Maurice, secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Institut français des relations internationales (Ifri).
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"De même, elle a beau être issue de l'immigration, elle n'a pas non plus l'héritage ouvrier, que pouvaient mettre en avant les candidats traditionnels de Die Linke, avec un père médecin", ajoute l'universitaire qui voit d'ailleurs une évolution spatiale du vote. "Historiquement, le parti faisait ses meilleurs scores à l'est, en périphérie de Berlin, dans les grands ensembles. Il a réussi à infuser dans l'ouest bourgeois de la capitale."
Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri
En dépit de la victoire de dimanche, Elif Eralp doit maintenant convaincre les partenaires des autres partis politiques de gauche de signer un accord de coalition pour obtenir une majorité. Un accord uniquement avec les Verts serait insuffisant pour atteindre les 50%. Il faut s'entendre avec le SPD.
Une coalition malgré des antagonismes
- "L'expropriation des sociétés immobilières a été le point de blocage. S'agissait-il de positions sur lesquelles les deux partis se sont campés pour se différencier en vue du scrutin ? Ils vont négocier et l'issue de ces discussions dépendra de la volonté de Die Linke d'obtenir un consensus", rappelle Paul Maurice.
Quid des positions sur la Palestine et Gaza ? Plusieurs responsables du SPD ont manifesté leur désapprobation en découvrant dimanche soir, lors d'une soirée électorale à Neukölln aux côtés du député Die Linke, Ferat Koçak, un homme, Ibrahim Ibrahim, lié au "Comité national palestinien unifié" qui, selon les autorités berlinoises, rassemble des partisans du Hamas et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), deux organisations classées terroristes par l'Union européenne (UE).
- "Il peut y avoir un blocage idéologique sur des questions internationales mais pas pratique dans la mesure où Berlin n'a pas de compétence en la matière", relève le secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes de l'Ifri.
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