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Les États au Moyen-Orient : crise et retour

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Politique étrangère, vol. 83, n° 1, printemps 2018
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Page couverture PE n° 1 printemps 2018
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Les révolutions arabes ont frappé des États dysfonctionnels qui se maintenaient basés sur l’usage récurrent de la violence. Mais elles ont aussi produit des réformes dans ceux qui ont tenu, et la redécouverte des vertus des États efficaces dans les pays ayant entrepris une transition démocratique, sans parler des revendications d’États des minorités. Les Occidentaux sont mal préparés à cette revitalisation d’une demande d’État qui passera par l’émergence des sociétés civiles et comporte encore bien des inconnues.

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L’analyse de la faiblesse des États en Afrique du Nord et au Moyen-Orient occupe en continu les politologues pratiquement depuis leur création, sur les ruines de l’empire ottoman et après l’échec des colonisations européennes. Le constat est généralement celui d’États faibles, pourtant paradoxalement qualifiés de « forts », et qu’il faudrait en réalité plutôt qualifier de « durs ». Cette dureté étant celle de régimes établis, en l’absence d’alternance démocratique, comme propriétaires exclusifs et intransigeants d’institutions qui exercent le monopole de la force sur le territoire – soit la classique définition wébérienne de l’État.


Des régimes durs pour des États faibles, qui s’avèrent incapables d’exercer efficacement d’autres missions que la sécurité, interprétée de façon toujours plus large. Les révoltes des printemps arabes, dirigées à partir de 2011 contre ces régimes sont parfois parvenues à les déboulonner (Tunisie, Égypte), ou les ont a minima fragilisés (Irak) ou ailleurs inquiétés (monarchies dans leur ensemble : pays du Golfe, Jordanie, Maroc). Elles ont, du même coup, rappelé les imperfections chroniques de ces États, et fait craindre leur effondrement. Dans plusieurs pays, les affrontements ont effectivement dégénéré en guerres civiles menaçant l’existence même des États (Libye, Syrie, Yémen) ; les institutions de la Turquie, censément très solides, subissent aussi directement l’onde de choc du chaos arabe ; l’Iran, qui semblait dans cette conjoncture presque pouvoir prétendre au titre de seul État stable du Moyen-Orient, a été rattrapé par la contestation fin 2017.


L’horizon apocalyptique des nouveaux conflits – le discours religieux étant fortement mis à contribution pour soutenir l’entreprise de destruction des institutions – désamorce trop souvent la raison. Pourtant, l’acharnement de certains acteurs contre les États dans leur forme actuelle, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient –, vise d’abord à les retailler – territorialement, institutionnellement –, ou à les réformer, voire en réclamer de nouveaux : l’État connaît dans la région une vie nouvelle, même si elle est mouvementée. […]


PLAN

  • Fin de cycle pour des États imparfaits
     - Des dysfonctionnements largement documentés
     - Une dynamique de détérioration structurelle
     - L’habitude de l’État dégradé
  • Persistance et désir d’État au Moyen-Orient
     - L’imaginaire de l’État et de ses traces
     - La révolution a-t-elle fait reculer ou avancer l’État ?
     - Une demande de nouveaux États
  • Un effet de panique à l’Ouest
     - La confusion du diagnostic
     - De l’effet miroir à l’effet en retour
     - Le conservatisme comme responsabilité
  • Des transitions risquées


Dorothée Schmid est chercheur et responsable du programme Turquie contemporaine et Moyen-Orient de l’Ifri.

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Les États au Moyen-Orient : crise et retour

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Dorothée SCHMID

Intitulé du poste

Responsable du programme Turquie/Moyen-Orient de l'Ifri

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Chine : l’énergie, un enjeu stratégique

Date de publication
21 juin 2018
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Les besoins énergétiques de la Chine sont très importants et vont continuer à augmenter. Du développement économique et de la réduction de la pauvreté dépend la stabilité du Parti communiste. Pékin est déjà le premier importateur de pétrole et de gaz et le premier producteur et consommateur de charbon. Le facteur énergétique joue un rôle central dans les décisions stratégiques des dirigeants chinois qui font preuve d’un « internationalisme utilitariste fortement teinté de Realpolitik ».

Michel GUELDRY
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États-Unis : de nouvelles options nucléaires ?

Date de publication
21 juin 2018
Accroche

La Nuclear Posture Review (NPR) américaine présentée en février 2018 réaffirme l’importance du nucléaire dans la stratégie américaine, dans un environnement stratégique perçu comme dégradé. Elle se distingue symboliquement du discours d’Obama qui en appelait à la fin de l’armement nucléaire. Cette nouvelle NPR annonce des inflexions capacitaires, en particulier en faveur des armes tactiques, plus que de vraies ruptures. Ces inflexions dépendront des décisions budgétaires du Congrès.

Benjamin HAUTECOUVERTURE
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Iran : anatomie d’un pouvoir en guerre

Date de publication
08 septembre 2026
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L’élimination du Guide suprême Ali Khamenei et de plusieurs hauts dirigeants dès le début de l’opération américano-israélienne de 2026 n’a pas permis de faire chuter le régime iranien. Celui-ci s’était préparé à un tel scénario, notamment en se décentralisant. En outre, il continue de s’adapter à la guerre. Le pouvoir des Gardiens de la révolution s’accroît, au détriment du clergé chiite. L’appareil sécuritaire défend la souveraineté du pays et justifie ses actions au nom de la raison d’État.

Sophia MAHROUG
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Les États-Unis et l’Arctique : de l’hibernation à l’engagement

Date de publication
21 juin 2018
Accroche

Jusqu’à très récemment, les États-Unis n’ont accordé que peu d’attention à l’Arctique. Avec le réchauffement climatique et l’ouverture croissante de la région au reste du monde, on observe cependant un changement d’attitude du pays à son égard. La multiplication des documents stratégiques, à compter de la fin des années 2000, ainsi que le réinvestissement diplomatique du Conseil de l’Arctique, témoignent alors de l’intérêt accru des États-Unis pour une région en pleine mutation.

Christelle CALMELS

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Dorothée SCHMID, « Les États au Moyen-Orient : crise et retour », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2018.
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Les États au Moyen-Orient : crise et retour