Back to the East of Suez? Les Britanniques dans l’océan Indien
En décembre 2016, le gouvernement britannique annonçait son retour « à l’est de Suez ». Or, au-delà de l’effet d’annonce, la capacité de Londres à jouer un rôle géopolitique dans la région reste limitée. Londres ne cache pas la priorité qu’elle accorde aux échanges commerciaux, en particulier avec la Chine, au détriment éventuel de l’Inde. Son soft power, en particulier dans le domaine de la formation, lui permet cependant de préserver sa présence hors des jeux de puissance locaux.
Le 9 décembre 2016, en ouverture du Manama Dialogue qui se tenait à Bahreïn, le ministre des Affaires étrangères britannique Boris Johnson annonçait le « retour » de la Grande-Bretagne « à l’est de Suez », signifiant sa volonté de redevenir un acteur de premier plan dans l’océan Indien. Si l’historiographie présente l’océan Indien du XIXe siècle comme un « lac britannique », la zone s’est aujourd’hui émancipée de la tutelle de Londres. En ce sens, au-delà de l’effet d’annonce de Boris Johnson, Londres a-t-elle les moyens de revenir « à l’est de Suez » ? Existe-t-il une stratégie britannique pour la région ?
Depuis le désengagement amorcé par le gouvernement Wilson en 1967, la diplomatie britannique reflète une approche principalement bilatérale, souvent de court terme et dépourvue d’une stratégie régionale qui s’appuierait sur un ensemble de partenariats avec les pays riverains de l’océan Indien. Or l’influence britannique reste perçue comme une clé d’entrée dans les sous-ensembles régionaux (Afrique de l’Est, golfe Persique, Asie du Sud et du Sud-Est). Sans jouer le rôle central des États-Unis, le Royaume-Uni bénéficie d’une visibilité politique en décalage avec la réalité des moyens déployés.
Quels intérêts britanniques dans l’océan Indien contemporain ?
Contrairement à une idée répandue, le Royaume-Uni n’a jamais eu à proprement parler une stratégie pour l’océan Indien, si ce n’est de sécuriser ses voies d’accès à l’Inde. En 1966, Alastair Buchan, fondateur de l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres, soutient que « l’océan Indien n’est rien de plus qu’une étendue d’eau entourée de terre et non un ensemble stratégique comme l’Atlantique et le Pacifique, qui lierait deux grands centres de pouvoir et de conflit. Pour les pays littoraux de l’océan Indien, il n’y a ni menace commune ni culture commun ». Le propos de Buchan reflète bien le scepticisme britannique quant à la construction d’un océan Indien comme ensemble géopolitique cohérent. Il explique en outre l’absence d’une « grande stratégie » britannique dans la zone. On ne trouve d’ailleurs aucune analyse sur l’océan Indien dans la Strategic Defence and Security Review (SDSR) britannique de 2015. […]
PLAN
- Quels intérêts britanniques dans l’océan Indien contemporain ?
- Le Royaume-Uni et les jeux de puissance dans la zone
- Dynamiques des politiques sous-régionales du Royaume-Uni
- Le soft power britannique dans l’océan Indien
Jean-Loup Samaan, docteur en science politique de l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, est Associate Professor en études stratégiques au Collège de défense nationale des Émirats arabes unis.
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Back to the East of Suez? Les Britanniques dans l’océan Indien
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Mexique : de la violence et autres démons
Le président Pena Nieto a souhaité pour le Mexique une lutte contre le narcotrafic moins spectaculaire, et des réformes économiques profondes. Mais quatre années après son arrivée au pouvoir, la violence et la corruption demeurent très largement répandues. L’économie du pays, frappée par la crise mondiale, reste fragile, et les réformes sociales ont été peu décisives. Quant au système politique, il est toujours miné par une partitocratie largement impuissante.
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