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Édition spéciale : deux ans de Donald Trump, l’Amérique au pas de charge

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interviewée par Fabienne Sintes dans "Le 18/20 : un jour dans le monde", sur

  France Inter 

 
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Le 5 novembre 2024, les Américains élisent pour la seconde fois Donald Trump à la tête des États-Unis. Depuis, il bouscule comme personne avant lui les institutions, l’économie, la politique étrangère.  Avec Laurence Nardon, docteure en science politique à la tête du programme Amériques de l’Ifri.

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Le président Donald J. Trump, mai 2026
Président Donald J. Trump, mai 2026
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Deux ans de Donald Trump, c’est l’histoire d’une course folle. Une présidence à 200 à l’heure, au cours de laquelle Trump n’a quasiment jamais quitté la une des journaux. Il bouscule, il balaye, il menace les institutions, l’économie, la politique étrangère et ne se retourne jamais pour constater les dégâts. Les frustrations de son premier mandat, décrets bloqués, relations tendues avec le Congrès, même dans son propre camp, il s’est juré de ne plus jamais les subir. Cette fois il a voulu une présidence à sa main et à sa botte, et il l’a. Des ministres, des procureurs, des patrons d’institutions, des chefs d’entreprise entièrement voués à sa cause.

Sur la photo de son investiture, le 20 janvier 2025, ils sont tous là. La suite, avec les patrons de la tech et le million de dollars versé pour l’investiture, s’achève sur : "Trump s’en fiche, il tient sa victoire, sa revanche, et on va voir ce qu’on va voir."...

Une présidence préparée pour concentrer tous les pouvoirs

Dès le premier jour, Trump signe 78 décrets, puis 142 en cent jours. Il crée le DOGE, qui supprime des centaines de milliers de postes fédéraux. Selon Laurence Nardon, rien n’est improvisé : “c’est une politique extrêmement résolue, extrêmement brutale depuis janvier 2025, une politique qui est très professionnelle”. Elle a été préparée par la Heritage Foundation, un think tank conservateur de Washington, dans le cadre du projet 2025. Cette fois, le président veut éviter ce qui s’était passé lors de son premier mandat, quand “l’état profond, comme il l’appelle, l’avait empêché d’arriver à ses fins”. Le Congrès, l’administration, les tribunaux, les universités, les cabinets d’avocats, les médias : tous les contre-pouvoirs sont visés. La chercheuse constate pourtant que “tous les acteurs, d’une manière ou d’une autre, résistent”. Elle ajoute : “Je ne crois pas que ça va s’arrêter avec Trump, mais c’est vrai que la situation est quand même assez préoccupante.”

Une économie contradictoire, un président en quête de postérité

Sur le plan économique, Laurence Nardon décrit une politique à deux visages : “des politiques très populistes comme le protectionnisme” d’un côté, et de l’autre “une politique beaucoup plus faite pour faire plaisir à ses amis, les grands entrepreneurs de la tech”. Les droits de douane ont été retoqués par la Cour suprême, mais Trump cherche d’autres chemins pour les rétablir.

Le bilan est contrasté : “la croissance va bien, l’emploi va bien”, mais “l’inflation est repartie à la hausse depuis la guerre contre l’Iran”. Les Américains, eux, regardent surtout le prix de l’essence. Derrière ces choix, la spécialiste voit aussi une obsession de la trace laissée : “il veut mettre son nom partout et il veut aussi agrandir le territoire du pays”, dans la lignée des présidents impérialistes de la fin du XIXᵉ siècle.

Une Amérique fracturée, une influence en recul

Sur la scène internationale, la doctrine de Trump tient pour Laurence Nardon en deux mots : “la prédation en termes de territoire, de ressources naturelles” et “l’envie de legacy”. Le résultat est visible, selon elle : “une Amérique qui perd sa place dans le monde”. Même les monarchies du Golfe comprennent que les États-Unis ne savent plus les défendre.

À l’intérieur, la polarisation est extrême, et la violence politique touche les deux camps. Mais au milieu, rappelle-t-elle, “il y a une grande majorité d’Américains qui, certes, ne savent plus parler entre eux, mais qui restent modérés, décents, pacifiques”. Quant aux deux années à venir, Trump sera un “lame duck”. Il devrait se concentrer sur la politique étrangère et, prévient-elle, “s’enrichir un maximum, lui, ses proches, sa famille, avant que la fête ne s’arrête”.
 

À écouter sur le site de France Inter. 

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Fabienne Sintes

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Le 18/20 : un jour dans le monde

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Laurence NARDON

Laurence NARDON

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Responsable du Programme Amériques de l'Ifri

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