Le conservatisme texan
Potomac Papers, n° 10, janvier 2012
De par son histoire et sa géographie, le Texas a vu naître un courant très particulier du conservatisme. Ce dernier met en avant la responsabilité des individus et la méfiance envers l'action gouvernementale, des valeurs morales très strictes et, en matière économique, le plus grand pragmatisme. Son impact est important aussi bien sur les politiques du Lone Star State que sur celles du gouvernement fédéral.
De par son histoire et sa situation géographique, le Texas a vu se former un courant du « conservatisme radical » très spécifique. Il influe à la fois sur les politiques de l’État du Texas, qui en suivent la majeure partie des préceptes, mais aussi sur les politiques fédérales, Washington ayant été investi depuis longtemps par les élites politiques et les milieux d’affaires texans.
Les difficultés des pionniers européens face aux Indiens et aux Mexicains, l’expérience de l’indépendance de 1836 à 1845, puis de la Sécession ont conduit les Texans et à se méfier fortement du gouvernement fédéral et à préférer en toutes circonstances un gouvernement limité. La sublimation des épisodes les plus violents de leur histoire, et en particulier du siège d’Alamo, expliquerait l’attitude plus va-t-en-guerre qu’isolationniste des conservateurs texans aujourd’hui.
L’influence des fondamentalistes chrétiens dans l’État amène par ailleurs une grande frilosité sur les sujets sociaux comme l’homosexualité ou l’avortement, ainsi qu’un choix résolu en faveur du « sionisme chrétien ».
D’un point de vue économique, l’expérience texane pointe en revanche vers un grand pragmatisme. D’un côté domine l’exploitation à tout va des hydrocarbures, conduisant à un conservatisme fiscal accompagné d’une absence de protection sociale. De l’autre, en désaccord avec les principes du libéralisme économique et du conservatisme traditionnel, les responsables de l’État sont favorables aux subventions fédérales ainsi qu’aux flux migratoires, deux multiplicateurs de la croissance économique.
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