Trump 2 : le sacre de l’intégralisme catholique post-libéral ?
Le cabinet de Donald Trump se caractérise par une présence notable de figures catholiques de premier plan, à l’instar du vice-président James D. Vance. Cette visibilité excède le poids démographique de l’électorat catholique aux États-Unis et marque l’aboutissement d’une stratégie d’influence sur le Parti républicain par des intellectuels catholiques, amorcée dans les années 1950 en réaction à l’idéologie « fusionniste » de ce dernier, laquelle cherchait à concilier conservatisme moral et libéralisme économique. Depuis 2016, des universitaires tels que Patrick Deneen et Adrian Vermeule ont développé un courant qualifié d’« intégralisme catholique » et promeuvent un nouveau projet politique : le post-libéralisme.
Cette doctrine repose sur une interprétation dirigiste de la Constitution, guidée par la recherche du « bien commun », et sur une synergie institutionnelle entre l’État et l’Église. Elle préconise une intervention étatique accrue, tant dans la sphère sociétale que dans la sphère économique, et subordonne les droits individuels aux impératifs collectifs.
Toutefois, l’influence des intégralistes post-libéraux se heurte à des limites structurelles. Ils n’ont pas le soutien du Vatican et du pape Léon XIV ; surtout, aux États-Unis même, ils font face aux autres factions qui composent le trumpisme, singulièrement les protestants évangéliques. Bien que partageant une base réactionnaire commune, ces courants s’opposent sur des points de rupture majeurs :
- Économie et social : les intégralistes défendent un État redistributif au service des classes moyennes et un financement massif des politiques familiales et de la petite enfance.
- Identité et institutions : ils récusent le nationalisme au nom de l’universalisme de l’Église et privilégient une reprise en main idéologique de l’institution universitaire plutôt que sa destruction.
- Géopolitique : un clivage profond est apparu lors du déclenchement du conflit contre l’Iran par les États-Unis et Israël le 28 février 2026. Contrairement aux évangéliques, les intégralistes s’opposent à cette guerre, rejetant l’exceptionnalisme théologique d’Israël au profit d’une vision où le peuple juif n’est plus considéré comme le « peuple élu ».
Au printemps 2026, si les catholiques intégralistes ont réussi à imposer leurs thématiques dans le débat public, la mise en place de leur projet politique demeure inachevée au sein de l'appareil d’État américain.
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Trump 2 : le sacre de l’intégralisme catholique post-libéral ?
Lula : une victoire sous contraintes
La victoire du 25 octobre 2026. Au soir du 4 octobre, l'affaire semblait très mal engagée pour Lula. Il recueillait 45,2% des voix au premier tour de l'élection présidentielle, contre 47,0% pour son adversaire Flávio Bolsonaro, soit un écart de 2 225 millions de voix. De surcroît, les électeurs s'étant portés vers les autres candidats, au total plus de 9 millions, paraissaient plutôt enclins à se reporter vers F. Bolsonaro au second tour. Ce résultat contredisait les sondages des semaines précédentes, qui accordaient un très modeste avantage à Lula.
Canada : le retour des indépendantismes
À deux reprises, à quelques semaines d’intervalle, la question de l’indépendance de l’une des dix provinces du Canada est posée. Au Québec, d’abord, où l’élection du Parti québécois (PQ), qui porte cette question au cœur de son programme, ouvre la perspective d’un troisième référendum dans les prochaines années. En Alberta, ensuite, où les citoyens seront appelés le 19 octobre 2026 à répondre à la question suivante : « L’Alberta devrait-elle rester une province du Canada, ou le gouvernement de l’Alberta devrait-il entamer le processus juridique requis par la Constitution canadienne pour organiser un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l’Alberta doit se séparer ou non du Canada ? ».
Canada : vers un retour aux sources européennes ?
Quand Ursula von der Leyen prendra la parole le 16 septembre pour le traditionnel discours sur l’état de l’Union européenne (UE), de nombreux regards risquent de se tourner vers la tribune d’honneur, où aura pris place le Premier ministre canadien Mark Carney. Celui qui avait su, en début d’année, si justement saisir l’air du temps avec son désormais célèbre discours de Davos s’est en effet imposé depuis lors comme une source d’inspiration internationale, érigée par certains au rang de héraut anti-Trump. Sa récente décision de quitter la table des négociations commerciales avec les États-Unis, après avoir un temps donné le sentiment d’être prêt à céder, n’a fait que renforcer cette aura en Europe, notamment auprès de ceux, nombreux, qui avaient regretté l’approche trop conciliante de l’Union lors des négociations de Turnberry.
Abelardo de la Espriella, élu président en Colombie
Abelardo de la Espriella a été élu le 21 juin président de la Colombie, pour un mandat de quatre ans (non renouvelable) qui commencera le 7 août 2026. Il a été élu avec 49,66 % des voix, contre 48,70 % pour son opposant de gauche Iván Cepeda, soit une différence d’environ 250 000 votes. C’est la première fois qu’un président colombien est élu, dans le système actuel d’élection à deux tours, avec moins de 50 % des voix.