Vers une nouvelle politique étrangère démocrate ? Enjeux et recompositions à l’horizon des présidentielles de 2028
Sortant peu à peu de l’état de sidération dans lequel la réélection de Donald Trump les a plongés en novembre 2024, les Démocrates s’apprêtent à entrer en campagne pour les élections de mi-mandat de 2026, puis pour les primaires démocrates qui précéderont les présidentielles de 2028.
Adossés à un ensemble de valeurs structurantes, leurs projets de politique étrangère s’articulent à la fois autour du bilan de la présidence Biden et, de plus en plus, autour de leur perception et de leur critique de la politique étrangère menée par Donald Trump. Après un premier mandat marqué par une forme de néo-isolationnisme, ce dernier adopte depuis janvier 2025 une attitude beaucoup plus impérialiste, prédatrice et, désormais, belliciste.
Dans ce contexte, le Parti démocrate se structure autour de trois grands courants en matière de politique étrangère :
- Attaché au maintien de l’ordre international libéral et au rôle moral des États-Unis dans le monde, le premier courant regroupe les élites traditionnelles du Parti démocrate. Elles prônent la défense de l’Ukraine et d’Israël. Encore très présent autour de Joe Biden, ce courant est devenu moins audible aujourd’hui.
- La gauche du Parti démocrate revendique sa réticence aux interventions militaires à l’étranger, justifiée par la priorité accordée aux Américains les plus vulnérables. Sous la houlette du sénateur du Vermont, Bernie Sanders, elle se montre particulièrement critique envers le gouvernement israélien.
- Une école plus innovante se dessine dans le sillage des conseillers de la vice-présidente de Joe Biden, Kamala Harris. Ces derniers se disent avant tout réalistes et inventifs. Ils sont intéressés par certains aspects du trumpisme tels qu’un désengagement pragmatique de l’Europe et une redéfinition sans états d’âme des institutions internationales.
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