Israël-Palestine : une seule solution, les deux États
Formulée dès 1937, la solution du partage en deux États s'est perdue au fil des guerres israélo-arabes, de la colonisation des territoires occupés, de l'échec des accords d'Oslo et des stratégies de gouvernements israéliens d'abord soucieux de rapprochement avec certains régimes arabes. Or, cette solution est la seule aujourd'hui imaginable. Les nombreux obstacles qui s'y opposent peuvent être franchis si les États-Unis et leurs alliés décident de l'imposer aux Israéliens et aux Palestiniens.
Historien, écrivain, ancien ambassadeur d'Israël en France, Élie Barnavi a dirigé le Centre d'études internationales de l'université de Tel-Aviv et a été directeur d'études à l'Institut de défense nationale d'Israël. Il a créé le musée de l'Europe à Bruxelles et est membre du Conseil international du Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem) de Marseille.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 89, n° 2, été 2024.
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Israël-Palestine : une seule solution, les deux États
La société israélienne : vers la fragmentation ?
La société israélienne se fragmente. Quatre blocs y cohabitent plus ou moins paisiblement : les laïcs, les nationalistes-religieux, les ultra-orthodoxes et les Arabes. Chacun de ces blocs est représenté politiquement. Depuis plusieurs années, la droite – alliée à l’extrême droite – est au pouvoir. La popularité de Benjamin Netanyahou ne s’érode guère, malgré son implication supposée dans plusieurs affaires. Différents signaux laissent craindre une dérive illibérale d’Israël.
Le marché pétrolier à un tournant
Les cours du pétrole sont repartis à la hausse depuis 2016, sous l’effet de facteurs conjoncturels comme la dégradation de la situation politique au Venezuela ou le renouveau des sanctions contre l’Iran. La hausse des cours favorise l’exploitation des pétroles de schiste, ce qui a permis aux États-Unis de devenir le premier producteur mondial de brut. Le peak oil ne résultera pas de l’épuisement des réserves mais d’une baisse de la demande liée au développement des énergies alternatives.
Des néo-nationalistes au pouvoir à Rome ?
Les élections italiennes de mars 2018 ont consacré la victoire de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 Étoiles. Ces deux partis populistes se sont alliés pour former un gouvernement eurosceptique. Leurs principaux griefs à l’égard de l’Union européenne ont trait à l’imposition de politiques d’austérité qui ont pesé sur l’économie italienne et au manque de solidarité européenne sur les questions migratoires. Rome ne souhaite pas rompre avec Bruxelles mais va devenir un partenaire difficile.
La crise du Golfe de 2017 : un an après
En juin 2017, plusieurs États arabes menés par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis annoncèrent des mesures très dures à l’encontre du Qatar. Loin d’accepter les conditions qui auraient permis la levée de ces mesures, les dirigeants du Qatar renforcèrent leurs liens avec d’autres pays, réussirent à trouver de nouvelles voies d’approvisionnement et surent maintenir leur souveraineté. Si la crise n’est toujours pas résolue, elle est d’ores et déjà un échec pour Riyad et Abou Dhabi.