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L’Europe reste-t-elle une « colonie numérique » des États-Unis ?

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Politique étrangère, vol. 86, n° 3, automne 2021
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Les révélations d’Edward Snowden, l’affaire Cambridge Analytica et la transformation numérique accélérée par la crise du Covid-19 ont agi comme des révélateurs de la dépendance technologique de l’Europe à l’égard de puissances étrangères. La Commission européenne se veut le fer de lance de la « décolonisation numérique », mais les capacités d’investissement sur le Vieux Continent sont bien moindres qu’aux États-Unis et en Chine. L’Europe a néanmoins quelques atouts à faire valoir.

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Dans son discours sur l’état de l’Union européenne (UE) de septembre 2020, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen évoquait une « décennie numérique », censée traduire le niveau des ambitions de Bruxelles dans le champ technologique. Adossée au Pacte vert qui recouvre la transition écologique, cette ambition sera financée à hauteur de 20 % du plan de relance de l’UE, doté de 750 milliards d’euros.


Confiée aux commissaires européens Margrethe Vestager et Thierry Breton, la mise en œuvre de la montée en puissance de l’Union dans les compétences, les infrastructures et les technologies numériques a été esquissée dans le document doctrinal « Boussole numérique », avec un horizon porté à 2030. L’adoption quasi concomitante du Digital Services Act (DSA) et du Digital Market Act (DMA) – futurs textes modèles du numérique européen – traduit la création d’un cadre propice à l’innovation, en régulant la concurrence et l’harmonisation fiscale face aux acteurs non européens.


Ce foisonnement d’initiatives européennes dans le numérique ne surprend pas à l’heure de la crise du Covid-19. La numérisation accélérée des activités socio-économiques depuis mars 2020 a engendré une nouvelle prise de conscience de l’écheveau des dépendances technologiques du Vieux Continent, essentiellement envers les États-Unis. Moins de huit ans après les révélations d’Edward Snowden (juin 2013) sur les pratiques d’espionnage à grande échelle de la National Security Agency (NSA), de nouveaux appels à instaurer une « souveraineté numérique » européenne ont été lancés par les décideurs de l’UE et certains chefs d’États membres (Allemagne, France).


Le contexte actuel est marqué par l’expression de tendances globales contradictoires (interdépendances technologiques et financières versus « découplage » sino-américain), sur fond de vives tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Chine. En 2021, la lecture d’une Europe « colonie numérique » s’oppose toujours à une approche plus nuancée, insistant sur le volontarisme de l’actuelle Commission européenne en matière de protection des données personnelles et industrielles, de fiscalité numérique et de transparence des algorithmes. Malmenés sous la présidence de Donald Trump, les Européens peuvent-ils affronter leurs propres vulnérabilités numériques, et ne pas subir la compétition sino-américaine ? […]


PLAN

  • Europe : des dépendances numériques fortes
     - Le constat en trois temps d’une souveraineté numérique déficiente
     - L’ombre portée de la compétition sino-américaine
  • Une « décolonisation » numérique en trompe-l’œil ?
      - Le cadre financier des ambitions européennes : le marché d’abord
     - Le projet Gaia-X de « meta-cloud » européen
     - Le RGPD, un aboutissement pour l’Europe ?
  • « L’Europe puissance » à l’épreuve du numérique
     - Les limites de la « troisième voie » européenne
     - L’administration Biden et l’enjeu transatlantique
     - L’administration Biden et l’enjeu transatlantique


Julien Nocetti est enseignant-chercheur à l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan et chercheur associé à l’Institut français des relations internationales.

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L’Europe reste-t-elle une « colonie numérique » des États-Unis ?

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Julien NOCETTI

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Arabie Saoudite : faux ami ou vrai ennemi ?

Date de publication
22 septembre 2017
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Avec sa présence à Bahreïn, son intervention au Yémen, ses relations avec l’Iran, ou l’isolement du Qatar, l’Arabie Saoudite semble s’affirmer comme un État perturbateur, diplomatique et religieux, au Moyen-Orient. La diplomatie religieuse du wahhabisme joue un rôle central dans la stratégie de Riyad. Tout comme une stratégie de l’information, véritable dispositif d’influence, qui vise à orienter en sa faveur les opinions et les décideurs des grandes démocraties.

Pierre CONESA
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Retour sur la crise du Golfe de 2017

Date de publication
22 septembre 2017
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La crise du Golfe, qui a démarré en juin 2017, reflète des tensions anciennes entre le Qatar et ses voisins. L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis reprochent en particulier à Doha son soutien aux Frères musulmans et son rapprochement avec Téhéran. Cette crise a suscité l’embarras des pays occidentaux qui coopèrent avec toutes les parties. L’engagement de la Turquie aux côtés du Qatar rend une escalade militaire peu probable. Nul n’a intérêt à ce que la situation s’envenime.

Rachid CHAKER
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Arabie Saoudite : la guerre des trois n’a pas eu lieu

Date de publication
22 septembre 2017
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La « saoudité » reste difficile à définir, et elle suggère à la fois un type de débat politique très spécifique et la peur profonde d’une implosion immaîtrisable. C’est dans ce cadre que s’inscrit la relation conflictuelle avec le Qatar, représentant pour Riyad une idéologie des Frères musulmans antagonique avec ses propres conceptions. La modification de l’ordre de succession royal entérine un saut de génération, et un printemps arabe ne semble pas devoir toucher prochainement Riyad.

Jacques-Jocelyn PAUL
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Les objectifs stratégiques de la Russie dans l’Arctique

Date de publication
22 septembre 2017
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Depuis une décennie, l’intérêt de la Russie pour l’Arctique s’est développé. Des projets économiques ont vu le jour, en particulier dans le domaine énergétique et en matière de transport maritime. Cette région – qui héberge la plus grande part de l’arsenal nucléaire russe – est importante pour Moscou sur le plan militaire. Si des tensions avec d’autres États arctiques ne sont pas à exclure, la Russie a intérêt à maintenir une stabilité propice au développement économique.

Katarzyna ZYSK

Comment citer cette étude ?

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Julien NOCETTI, « L’Europe reste-t-elle une « colonie numérique » des États-Unis ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2021.
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L’Europe reste-t-elle une « colonie numérique » des États-Unis ?