De la non-prolifération à la concurrence stratégique : les contrôles américains sur les exportations vers la Chine
La concurrence technologique est au cœur de la rivalité renouvelée entre grandes puissances qui caractérise les relations entre les États-Unis et la Chine depuis les années 2010. Le rôle de l'innovation technologique dans l'évolution des relations de pouvoir est déjà reconnu dans la littérature sur les relations internationales. Cependant, les évolutions de la politique technologique américaine sous les deux dernières administrations soulèvent une question inverse : comment la perception des changements dans les rapports de force (dans ce cas, le rattrapage technologique chinois perçu comme une menace pour le leadership américain) transforme-t-elle les politiques accordant ou refusant l'accès à l'innovation technologique ?
Cette étude met en lumière la transformation de la conception américaine des contrôles à l'exportation : principalement envisagés à l'ère post-guerre froide comme un outil d'application de la loi et de non-prolifération, ils sont devenus un instrument stratégique pour restreindre les transferts de technologies vers la République populaire de Chine. En adoptant une approche d'analyse de la politique étrangère basée sur l'examen des textes juridiques, des discours et des entretiens avec les acteurs politiques impliqués, cet article analyse le processus politique ayant conduit à ce changement fondamental dans la politique américaine de contrôle des exportations. Comme le montre cette étude, ce changement reflète une nouvelle interprétation du lien entre intérêts économiques et sécuritaires, ainsi qu'une expansion du périmètre de la sécurité nationale américaine.
Cet article a été publié dans la revue International Politics.
Aller sur le site de Springer Nature pour lire l'article de Mathilde Velliet en intégralité (disponible uniquement en anglais).
Mathilde Velliet est chercheuse au Centre géopolitique des technologies de l'Ifri.
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