Mobilité des chercheurs et restrictions américaines. Un levier pour la recherche technologique française
Une atteinte sans précédent à la liberté académique est observée aux États-Unis, sous l’impulsion de l’administration Trump, affectant simultanément les universités, les agences fédérales et les étudiants internationaux. La France et l'Europe sauront-elles en faire une chance pour attirer et retenir les talents de la tech sur leur territoire ?
Cette note analyse la politique d’ampleur, à la fois idéologique et migratoire, de l'administration Trump contre le monde de la recherche. Cette offensive entraîne paradoxalement des conséquences néfastes, y compris pour le secteur technologique américain, fortement dépendant des talents étrangers et des financements publics de la recherche pour soutenir l’innovation. Sans évoquer prématurément une fuite massive des cerveaux hors des États-Unis, l’attractivité du pays pour la recherche pourrait néanmoins être durablement affaiblie.
Dès lors, cette situation pourrait constituer pour la France et l’Europe une opportunité inédite d’attirer sur leur territoire des chercheurs américains et internationaux essentiels à la recherche et à l’innovation technologique, en particulier dans les secteurs stratégiques, au premier rang desquels l’intelligence artificielle (IA), mais aussi le quantique, la 5G ou les semi-conducteurs. Disposant d’atouts concurrentiels non négligeables face à d’autres puissances, la France et l’Europe ont tout intérêt à mettre en place une stratégie ambitieuse combinant l’attraction des chercheurs étrangers, en particulier américains, et la rétention de leurs propres talents scientifiques.
Avec des données exclusives (enquêtes auprès d’alumni de l’ENS Paris-Saclay, cartographie des flux de chercheurs en IA) et des comparaisons internationales (Canada, Chine, Allemagne), cette étude est une feuille de route pour les décideurs et acteurs de la recherche qui veulent transformer cette crise en levier d’attractivité.
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