Une paix asiatique est-elle possible sans architecture régionale ?
Politique étrangère, n° 1, printemps 2001
Le XXe siècle verra-t-il la paix et la prospérité triompher en Asie ou la région risque-t-elle de basculer dans la crise et la guerre? Tout dépendra de la façon dont évoluent les trois nouvelles données de l’équilibre régional: le premier, c’est l’ouverture à l’économie de marché, qui reste à faire au Vietnam et en Corée du nord, dont la poursuite en Chine mène à une interdépendance avec les différents États de la région ; le deuxième, c’est le processus de modernisation des institutions politiques, amorcé sur la péninsule coréenne ainsi qu’en Indonésie, aux Philippines, à Taiwan et même en Chine, et qui, s’il se poursuit, peut lui aussi faire pencher l’équilibre en faveur de la paix. Le troisième, enfin, c’est la lente conversion, observée dans l’ensemble de la région, à l’idée d’une coopération économique régionale fondée sur des accords en bonne et due forme. Mais rien ne dit que ces trois facteurs de paix seront assez puissants pour surmonter les risques de conflits que font encore peser sur l’Asie la question du détroit de Formose et la rivalité nucléaire entre l’Inde, le Pakistan et la Chine.
François Godement est chercheur associé à l'Ifri, avec la responsabilité des activités concernant l'Asie-Pacifique et professeur des universités à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Il est également consultant permanent auprès du Centre d'Analyse et de Prévention (CAP) du ministère des Affaires étrangères. Co-président du Comité européen du CSCAP (Council for Security Cooperation in the Asia-Pacific), il est également membre fondateur du CAEC (Council fr Asia-Europe Cooperation).
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